élections2015

Ce dimanche 18 octobre, la droite est revenue en force avec une percée de l'extrême droite (UDC) et de la droite traditionnelle (PLR) au Parlement fédéral. La question migratoire et les moyens financiers exceptionnels déployés par les idéologues de l'UDC pour surfer sur les peurs des travailleur-euse-s ont complètement sclérosé la campagne et fait triompher les préjugés. Les étrangers sont donc responsables de tout: de la crise économique et écologique, du chômage, de la précarisation, des abus à l'aide sociale... Quel mensonge!

 

Le désert libéral comme programme

Jamais dans cette campagne nous n'avons parlé de ces problèmes sous leur véritable jour. La crise économique n'a jamais été le fait de ces "hordes de réfugiés", mais bien des financiers de Wall Street qui ont spéculé sur les subprimes en 2008, sur ces crédits à la si nécessaire croissance. Pour y répondre, le patronat capitaliste s'était déjà défaussé sur les petites mains, des guichetiers de banque poursuivis à travers le monde, pour aujourd'hui s'attaquer à des personnes victimes de guerre et de torture. Entre temps, la droite capitaliste n'a bien sûr rien fait pour les travailleur-euses puisqu'ils ne cessent de vouloir détruire les conventions collectives de travail (CCT), de baisser ou geler les salaires, de déréglementer le travail, réduire les institutions et tuer les budgets publics. Ne nous y trompons pas! Les étrangers servent de prétexte à une attaque frontale contre l'ensemble des protections sociales, encourageant partout où ils peuvent le dumping salarial, le dumping fiscal et toutes les formes d'exploitation des travailleur-euse-s au nom du mythe des entreprises créatrices d'emploi, de ces capitalistes faiseurs de merveilles. 

Avec cette droite conservatrice et xénophobe, nous avons également l'assurance qu'aucune des questions écologiques ne soit traitée: ni Beznau, ni Mühleberg, ni Fessenheim ou Super Phoenix ne verront leurs coeurs nucléaires s'arrêter, quitte à ce que nous en payons le prix fort. On verra PLR et UDC danser ensemble pour faire le 2è tube au Gothard, réduire les subventions aux transports publics et aux énergies renouvelables.

Évidemment, ces libéraux-xénophobes ne réduiront nullement les inégalités dans ce pays où 2% de la population détient autant de patrimoine que les 98% restant. Le chômage sera utilisé comme un moyen de pression sur les salaires et la dérégulation massive du marché du travail entraînera la fin de la protection des conditions de travail pour l'ensemble des salarié-e-s. Et bien sûr, tous ces fonctionnaires qui ne servent à rien (sauf la police naturellement) devront être dégraissés rapidement.

Inutile de préciser que les personnes en situation de précarité ont de quoi s'inquiéter car le rouleau-compresseur qui vise à dynamiter toutes les assurances sociales aura encore plus de poids après cette élection nationale. 

Comme ailleurs en Europe, la Suisse poursuit une lente agonie à droite et les travailleur-euse-s vont payer un lourd tribut à cette politique retrograde, polluante et xénophobe. Nous nous enfermons, nous nous refermons.

La lutte continue....

Heureusement, il reste des forces vives à gauche pour tenter de contrer ces visées capitalistes nuisibles et solidaritéS sera naturellement de toutes les luttes pour sauvegarder les acquis sociaux, défendre les travailleur-euse-s et les personnes précarisées. Dans cette optique, nous ne pouvons que saluer l'élection de notre camarade popiste Denis de la Reussille au Conseil national, Nous espérons que sa voix permettra de faire entendre les idées que l'ensemble de la gauche radicale doit défendre en ces temps si sombres.

Camille Jean Pellaux