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Le 1er mars et la date de commémoration de la révolution neuchâteloise. C’est également à cette même date que les bénéficiaires de l’aide sociale verront (pour beaucoup d’entre eux) des baisses dans les aides qu’ils perçoivent.

Dans une période morose sur le plan des finances, le Conseil d’Etat a décidé de demander au plus démunis de se serrer encore un peu plus la ceinture. Apparemment pour nos autorités, il y a encore des crans à utiliser.

Ceux qui seront le plus impactés seront les jeunes entre 18 et 34 ans. Ils avaient déjà vu leur « entretien » baisser de 15%, il le sera encore de 5%. Le maintien à 15% pourra se faire pour autant qu’ils soient engagés dans un programme d’insertion. Inutile de dire qu’il n’y a pas de place pour tout le monde et encore moins en ce qui concerne l’emploi (avec un taux de chômage à 6,4%).

Prises séparément les mesures pourraient paraître encore supportables, mais ce qui va faire particulièrement mal, c’est le cumul de celles-ci.

Prenons une famille avec deux enfants en apprentissage. Actuellement pour chaque apprenti, le budget familial est augmenté de CHF 400.— (franchise sur le revenu). Dès le 1er mars, ce montant sera réduit de moitié. Une famille avec deux enfants en apprentissage verra son budget baisser de CHF 400.--. De même pour les étudiants qui actuellement reçoivent CHF 100.—par mois (supplément de formation) et qui verront ce montant également réduit de moitié.

D’autres mesures toucheront les frais de lunettes, les médicaments non-couverts par la LAMAL (mais prescrit par un médecin), ainsi qu’un nouveau calcul des prestations versées aux personnes engagées dans un programme d’insertion (globalement celles-ci seront réduites).

Par ailleurs, le maximum des sanctions prévues actuellement en cas de non-respect des règles de l’aide sociale peut aller jusqu’à 15% de retenue. Celle-ci pourra à l’avenir passer à 30%.

Un amendement socialiste a permis d’éviter une autre mesure qui consistait à retirer le « supplément famille » de CHF 50.—par enfant (jusqu’à 18ans).

Il faut relever que toutes ces décisions ont été avalisées à la séance du Grand Conseil qui traitait du budget 2017. A cette occasion la majorité de droite a refusé un report d’une deuxième étape de la mise en place de la fiscalité des personnes physiques. Dans ce but, les députés PLR-UDC ont favorisés les plus hauts revenus et cela aura pour conséquence une perte fiscale de 4 millions de francs. On retire donc aux plus démunis pour alléger la situation des plus riches.

Il faudra tout mettre en œuvre pour que cette majorité change de camps aux prochaines élections d’avril.

François Konrad