21 décembre, grand titre des médias : « Laurent Kurth se met à la barre de l’hôpital ». Le ministre socialiste de la santé est nommé (ou s’est nommé, comme on veut) président du Conseil d’administration de HNE (hôpital neuchâtelois).

 

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’autonomisation des hôpitaux neuchâtelois, on ne savait jamais au juste qui, du Conseil d’Etat ou du Conseil d’administration, dirigeait HNE. La loi, certes, est claire : le Conseil d’Etat nomme un Conseil d’administration qui, lui, décide de manière autonome de son organisation, de ses rémunérations et de l’avenir des hôpitaux. Mais comme les autorités politiques déterminent les subventions et doivent avaliser les plans de restructuration (ou peuvent en proposer d’autres), le Conseil d’administration a tout de même les mains un peu liées. Depuis 10 ans, on se renvoie la balle… Avec la nomination, même provisoire, de Laurent Kurth à la présidence du Conseil d’administration, il n’y aura au moins sur ce plan-là plus de doute : la double casquette assumée permettra de désigner clairement le responsable des décisions prises.

Cette nomination met en évidence l’échec de la loi de 2004. Pour plus d’un de ses promoteurs, elle devait permettre la privatisation de tout ce qui est rentable dans le système de santé?; elle n’a fait qu’accumuler les tensions. Aujourd’hui l’éditorialiste de l’Express/Impartial salue la reprise en main de Laurent Kurth au nom de la défense du service public, mais restent quelques questions à (se) poser :

 

  • dans quelle caisse sera versée la rémunération du nouveau président du Conseil d’administration de HNE ?
  • quel intérêt y a-t-il à maintenir ce Conseil d’administration ?
  • depuis qu’il existe dans la santé des structures autonomisées (HNE, la psychiatrie, les soins à domicile (NOMAD)) combien de millions ont-ils déjà servi à indemniser des responsables « remerciés » pour le travail jugé mal accompli ?
  • combien de temps faudra-t-il encore attendre avant d’avoir dans le domaine de la santé des lois revues et corrigées, interdisant toutes missions publiques et subventions à des structures privées qui ne respectent même pas la convention collective, comme dans le cas de la Providence-­Genolier ?

 

Il est temps de changer la loi pour que l’Hôpital redevienne un service public garantissant des soins de qualité avec un personnel protégé par une convention collective (CCT21). Mettre Laurent Kurth à la tête du Conseil d’administration de HNE ne suffira pas.

 

Marianne Ebel