NON à l’initiative « déductions fiscales aussi pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants »

En Suisse, 76%  des femmes de la tranche d’âge 15-64 ans participent au marché du travail, et le manque criant de structures d’accueil, contraint les parents à des gymnastiques épuisantes pour trouver des solutions de garde. L’UDC,  qui a fait échouer avec de gros moyens financiers en mars 2013 l’aide fédérale pour les crèches et qui s’est aussi opposée en 2006 à la modeste harmonisation des allocations familiales finalement entrée en vigueur, revient sur le devant de la scène avec une initiative qui, si elle passait, priverait l’Etat de 390 millions, de quoi bloquer à long terme toutes subventions fédérales pour développer des crèches et des structures d’accueil pour les enfants. Pour faire mieux passer sa permanente volonté de renvoyer les femmes au foyer, l’UDC propose ici une « solution » qui se donne des airs d’équité : « Les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants doivent bénéficier d'une déduction fiscale au moins égale à celle accordée aux parents qui confient la garde de leurs enfants à des tiers ». En réalité c’est une initiative contre les parents qui travaillent, et que l’UDC traite carrément de profiteurs en déclarant : « Il n'est pas tolérable que des parents profitent fiscalement de leur décision de confier leurs enfants à des tiers alors que les parents, qui décident d'assumer eux-mêmes cette tâche, n'en tirent aucun avantage fiscal ».

L’UDC parle « des parents », mais elle vise les femmes. C’est elles, qu’ils veulent renvoyer définitivement à leurs casseroles et à « leurs » tâches éducatives et de soins Cette remise à l’ordre des femmes qui travaillent à l’extérieur, et qui ont besoin de trouver des places de qualité pour leurs enfants, est intolérable. Voter non le 24 novembre à l’initiative de l’UDC, c’est dire non à la vision rétrograde des femmes que ce parti défend régulièrement à coup de millions.