Un référendum indispensable...

Un référendum indispensable…

La 5e révision de l’Assurance invalidité (AI) a
été votée le 6 octobre par le parlement
fédéral. C’est une nouvelle attaque contre les
personnes handicapées bénéficiant des prestations
de l’AI: environ 300 millions par an seront ainsi
«économisés» sur le dos des
bénéficiaires actuels. Mais au-delà, cette
révision représente une attaque de la droite patronale
contre tous les travailleurs-euses. Une étape de plus du
démantèlement des droits sociaux de l’ensemble des
salarié-e-s se joue autour de cette révision. Dans ce
sens, l’UDC et leurs émules ciblent de manière
systématique et depuis des années les
étrangers-ères, les chômeurs-euses, les
bénéficiaires de l’aide sociale, les
handicapé-e-s, dont les prétendus «abus»
seraient la cause essentielle de tous les problèmes.

Mais en matière d’AI, l’abus est à rechercher
du côté des patrons, qui au nom de l’accroissement
de la productivité, de leur «capacité
concurrentielle» et du profit des actionnaires, ont
licencié et/ou poussé à l’invalidité
des milliers de travailleurs-euses… Aujourd’hui, on donne un
tour de vis supplémentaire visant à limiter encore plus
l’accès aux prestations AI pour les salarié-e-s qui
en ont besoin – et qui y ont droit! – malgré la
dégradation constante de conditions de travail nuisibles
à leurs santé: précarisation, stress, heures
supplémentaires, «flexibilisation» des horaires,
exigence de productivité maximale tout le temps et à tout
prix…

Or, la loi dictée par la majorité de droite patronale aux
Chambres ne contient pas la moindre mesure qui fasse payer les
employeurs, ni en termes de financement, ni de mesures contraignantes,
indispensables pour garantir et renforcer l’emploi des personnes
handicapées. Au contraire, alors qu’aujourd’hui
déjà, les refus de rentes augmentent, avec 49 % de
demandes rejetées en 2005, c’est sur les
salarié-e-s qu’on prévoit d’augmenter encore
la pression… avec des objectifs toujours accrus de diminution du
nombre de bénéficiaires: moins 10, moins 20, puis moins
30 pourcent… la surenchère est à l’ordre du jour.
Le lobby néolibéral économiesuisse se
félicite aujourd’hui d’une loi permettant… «de freiner la tendance coûteuse à utiliser l’AI comme source de rentes»!

L’objectif de «réinsertion» agité
hypocritement par les tenants de cette révision apparaît
non seulement comme prétexte à des économies
supplémentaires sur le dos des malades, mais surtout comme une
négation des droits des assuré-e-s et du principe
même de l’assurance sociale, accroissant la
précarité et la pression sur les salarié-e-s et
visant à les soumettre encore plus aux diktats patronaux en
matière de conditions de travail et de salaire.

Ainsi, au nom de l’«obligation de collaborer» et des
mesures de «détection précoce» est mis en
place un système de mesures contraignantes et de sanctions
ciblant les salarié-e-s et portant atteinte à la
confidentialité et au secret médical. Ceci sans aucune
protection contre les licenciements «préventifs»
auxquels les patrons pourront librement recourir à
l’encontre des employé-e-s concernés, pour
évacuer leurs responsabilités.

Cette loi, votée au National, en même temps que celui-ci
entérinait de nouveaux cadeaux aux riches à travers la
défiscalisation à 50% des revenus des gros actionnaires
dans le cadre de la «réforme de la fiscalité des
entreprises», doit être au centre d’une campagne de
résistance, dont la récolte des signatures pour un
référendum populaire fédéral est la
première étape incontournable.

Pierre VANEK