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Jean Burgermeister - discours du 1er mai 

Discours du 1er mai 2015, par Jean Burgermeister (solidaritéS) aux Bastions, à Genève.

Les derniers mois ont été riches pour le mouvement social à Genève. Il y a eu bien sûr la victoire des travailleuses et travailleurs des TPG qui a fait plier le gouvernement de droite et d'extrême droite. Il y eu la large mobilisation pour le défense de la fonction publique qui a regroupé les travailleu-ses-s et les usager-e-s pour dire "Touche pas à mes services publics". 

 

 

Plus récemment encore les mobilisations pour un accueil digne des requérant-e-s d'asile et la capitulation de Maudet qui a été forcé à renoncer au renvoi d'Ayop. De toutes ces mobilisations nous avons à apprendre car elles nous renforcent mais elles ne suffisent pas à compenser le climat politique et social morose qui se répand en suisse et en Europe.

Ici comme ailleurs sur le continent, les attaques se multiplient contre les conditions de travail, les retraites, le service public, contre tout ce que nous appelons le bien commun. Parallèlement, ce sont les droits démocratiques qui sont attaqués : le droit de manifestation, les droits syndicaux et comme nous l'avons vu récemment le droit de grève !

Le durcissement du front bourgeois est l'une des caractéristiques du néolibéralisme. Ces causes sont à chercher dans les logiques profondes du capitalisme. Le premier ne doit pas être considéré séparément du second car il est la réponse à la crise structurelle que connait le capitalisme depuis plus de 30 ans.

Le capitalisme ne tolère plus de compromis : on le voit plus clairement que jamais en Grèce où l'UE exerce des pressions immenses pour faire capituler le gouvernement Syriza au mépris de la volonté populaire qui s'est exprimé récemment dans les urnes, mais aussi bien avant ça, qui s'est manifesté puissamment dans les rues !

Faces à ces attaques, il demeure nécessaire de construire un véritable front de lutte capable de battre en brèche l'austérité et toutes les oppressions que porte en lui le capitalisme comme la nuée l'orage : l'oppression de classe évidement, mais aussi les discriminations basées sur le genre, la sexualité, l'origine... On ne peut subordonner une lutte à une autre, toutes sont organiquement liées et ces combats doivent être menés de front. On observe d'ailleurs que l'offensive néolibérale est couplée à des attaques réactionnaires.

Devant l'intransigeance des classes dominantes, les revendications même les plus modestes passent par un degré élevé de confrontation. La défenses des intérêts des classes populaires ne peut se faire sans un affrontement frontal que nous devons préparer. Battre en brèche le néolibéralisme exige d'être radical : être radical c'est prendre les choses par la racine et la racine de l'être humain c'est l'être humain lui-même. C'est cela que nous devons placer au centre dans notre projet de société. Cela réclame de remettre au goût du jour les notions de bien commun et de solidarité, défendre les services publics et les la nature, avec pour horizon : « de chacun selon ses capacités, pour chacun selon ses besoins ».

Les défis et luttes que nous aurons à mener dans les prochains temps seront nombreux : il y a l'Accord de Commerce sur les Services négocié en secret à Genève, aussi appelé TISA, qui veut accroitre la libéralisation des services publics, la troisième réforme d'imposition des entreprises qui va massivement diminuer l'imposition du capital ce qui entrainera inévitablement des coupes dans les budgets publics, il y a encore le paquet Berset qui attaque les retraites des travailleuses...

Il est donc urgent d'organiser la riposte et que le nombre immense prenne conscience de sa force. Une riposte par-delà les frontières car, dans toute l'Europe, l'austérité tue ; à travers le monde, les puissances impérialistes s'affrontent pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres mais qui entraient des peuples entiers dans la guerre et la misère, poussant des milliers de personnes à l'exil forcé: nous n'avons définitivement que peu de choix : socialisme ou barbarie.