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2016 09 25 AVS

 

Pas touche à nos retraites
Pas de retraite à 67 ans — Oui à AVS+
Pour renforcer l'AVS et socialiser le IIe pilier

MANIF — SAMEDI 10 SEPT DÈS 13h30

Schützenmatte · BERNE

 Trajet depuis Genève en train spécial: RDV 10h45 · Pl. des 22-Cantons
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On reste interloqué devant le spectacle offert par les politiciens bourgeois sur la question des retraites ces derniers temps. Sont-ils si sûrs de leur domination pour aligner ainsi les attaques contre l'AVS et les retraité·e·s juste avant une votation sur l'initiative AVSplus des syndicats? Ou sont-ils sur une orbite stratosphérique, loin du mécontentement populaire touchant les rentes AVS (un peu) et du IIe pilier (beaucoup)?

Le fait est qu'entre le passage de l'âge de la retraite à 67 ans par un mécanisme quasi automatique en fonction de l'état financier du Fonds AVS et la réduction du taux de conversion du capital vieillesse débouchant sur une diminution des rentes de 12 %, la Commission de la sécurité sociale du Conseil national a fait fort. Sans parler de la disparition des rentes de veuves sans enfant et des rentes pour enfants.

Comme le reconnaît avec son élégance coutumière le quotidien des milieux d'affaires radicaux, la Neue Zürcher Zeitung (NZZ): la situation pour la majorité bourgeoise PLR-UDC était «délicate» (19 août). En tenant fermement à leur réforme des Ier et IIe piliers et donc à la prolongation de l'âge de la retraite, ils savaient apporter de l'eau au moulin d'AVSplus. Mais tout cela relevait, selon le quotidien zurichois, d'une fine tactique pour amener le Conseil des Etats à abandonner son augmentation des rentes de 70 francs, en échange de la renonciation au mécanisme d'adaptation automatique de l'âge de la retraite.

Kolossale finesse! Qui ne change rien à la volonté clairement déclarée du PLR et de l'UDC de faire payer la réforme de leur système de prévoyance vieillesse à la population salariée.

Vieille huître plus très fraîche ne cessant de se rétracter au contact de l'acide des marchés et de la crise du capitalisme, le IIe pilier est le principal responsable de la détérioration de la situation des rentiers et rentières. Il serait cruel de comparer les promesses faites au moment de l'adoption de sa loi (LPP) et la réalité de cette «assurance» aujourd'hui.

Ce n'est pourtant pas de cet échec patent dont parlent les politiciens bourgeois. S'opposant à l'initiative AVSplus, le président du groupe parlementaire PLR et ancien médecin cantonal tessinois, Ignazio Cassis, prédit le pire... pour l'AVS: «Vu que le déficit de l'AVS va augmenter jusqu'à 8,3 milliards en 2030, il serait irresponsable d'augmenter les rentes.» (Le Matin, 12 août). Et le monsieur sait de quoi il parle: il est non seulement le président de la Commission de la sécurité sociale mentionnée plus haut, il est aussi enseignant de gestion et de management de la santé dans trois universités suisses. Ah, on oubliait: il fait partie d'un truc qui s'appelle IG biomedizinische Forschung und Innovation. Un groupe d'intérêt qui en guise de recherche biomédicale et d'innovation défend au parlement les intérêts de l'industrie pharmaceutique. Il préside aussi Curafutura, la scission de Santésuisse, qui regroupe les caisses-­maladies CSS, Helsana, CPT et Sanitas. Nos rentes sont en de bonnes mains chez le docteur Cassis... Pour ceux et celles qui n'auraient pas compris toute la portée des élans philanthropiques du bon docteur, voyons ce qu'il préconise pour «assainir» l'AVS: «L'augmentation [des revenus, réd.] de l'AVS devrait être financée par des déductions salariales ; augmenter le coût du travail dans la situation économique actuelle mènera inévitablement à des suppressions d'emplois».

Salarié·e·s, voici la potion magique du docteur Ignace: le chômage ou la baisse des salaires pour sauver l'AVS. On attend avec impatience ses propositions pour sauver le IIe pilier, ça risque de décoiffer!

Se réfugiant derrière l'évolution démographique la plus prévisible du monde (le départ de la génération du «baby-boom» d'après-guerre à la retraite), la droite bourgeoise, avec l'aide complaisante du ministre socialiste (sic!) Berset, veut nous faire payer au prix fort ses «réformes», en réalité sa politique rétrograde. Incapable de concevoir un capitalisme secoué par des crises, la droite met en place dans les années 70, avec l'aval du PS et des syndicats, un IIe pilier dont le bon fonctionnement réclame une croissance constante et régulière de l'économie capitaliste. Cela malgré le coup de semonce de la crise de 1974. Le capitalisme avait définitivement surmonté ses crises, comme un adolescent ses erreurs de jeunesse. Et aujourd'hui on nous présente comme un scoop une évolution démographique prévisible depuis des décennies.

Hormis le cas des transnationales en position dominante sur les marchés, le capitalisme s'accommode mal de la planification et de la prévision. Et les politiciens qui s'en inspirent et le défendent n'œuvrent qu'à la défense à court terme de ses intérêts, qui, ça tombe bien, sont aussi les leurs.