Cent manifestant-e-s dénoncent la criminalisation de la solidarité

Cent manifestant-e-s dénoncent la criminalisation de la solidarité

IMG 20181018 181951


Plus de 100 personnes se sont réunies ce soir face à la Chambre de commerce italienne afin de dénoncer l'arrestation de Mimmo Lucano, le "maire de l'accueil", ainsi que la criminalisation de la solidarité. De son côté, l'Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace (Calabre/Italie), lancé par solidaritéS, Potere al Popolo et soutenu par de nombreuses autres organisations, est désormais signé par plus de 10'000 personnes, dont plus de 1000 personnalités politiques, académiques, ou du monde de la culture des quatre coins de l'Europe. Il est encore temps de le signer en cliquant sur le lien ci-dessous.

solidaritéS prend acte de la démission de quatre de ses membres

solidaritéS prend acte de la démission de quatre de ses membres

drapeauxsol 1 copie1

Réunie hier soir en séance hebdomadaire, la coordination de solidaritéS a pris connaissance d’une lettre du jour même annonçant la démission de quatre de ses membres élu·e·s au Conseil municipal de la Ville. Lors d’un point presse cet après-midi, deux membres de la coordination ainsi qu’une élue de solidaritéS en Ville de Genève, sont revenus sur les circonstances de cette démission et sur les accusations mensongères formulées par les démissionnaires à l’endroit de solidaritéS.

Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de l'accueil

Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de l'accueil

mimmoAprès le grand succès de l'Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace (Calabre/Italie), lancé par solidaritéS et Potere al Popolo et désormais signé par plus de 9000 personnes, dont plus de 500 personnalités politiques, académiques ou du monde de la culture des quatre coins de l'Europe, un rassemblement sera organisé jeudi prochain à 18h, devant la Chambre du commerce italienne. Venez nombreuses et nombreux! D'ici là n'oubliez pas de signer l'appel exigeant sa libération en cliquant sur le bouton rouge ci-dessous!

 

RFFA : NON à l’arnaque fiscale ! Signez le référendum

RFFA : NON à l’arnaque fiscale ! Signez le référendum

2018 10 rffa SOL logo txt

 

Signez le référendum (PDF)

RFFA : NON à l’arnaque fiscale !
(Réforme de la fiscalité et du financement de l'AVS)


NON à des cadeaux fiscaux pour les grandes entreprises

NON à un renforcement de la concurrence fiscale

NON à des milliards de coupes sur le dos des femmes

NON à des hausses d'impôts pour les salarié·e·s et retraité·e·s

Conférence-débat: Climat : 1.5°C de réchauffement · avec Daniel Tanuro et Mohamed Hakech

Conférence-débat: Climat : 1.5°C de réchauffement · avec Daniel Tanuro et Mohamed Hakech

2018 10 12 tanuro nologo web1

2018 10 12 tanuro nologo FB Event

 

Conférence-débat Climat : 1.5°C de réchauffement
Nouveau rapport du GIEC / Alternatives et résistances au nord et au sud

Vendredi 12 octobre · 18h15
Uni-Mail · salle MR060

  •  Cent manifestant-e-s dénoncent la criminalisation de la solidarité

    Cent manifestant-e-s dénoncent la criminalisation de la solidarité

  • solidaritéS prend acte de la démission de quatre de ses membres

    solidaritéS prend acte de la démission de quatre de ses membres

  • Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de l'accueil

    Appel pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de l'accueil

  • RFFA : NON à l’arnaque fiscale ! Signez le référendum

    RFFA : NON à l’arnaque fiscale ! Signez le référendum

  • Conférence-débat: Climat : 1.5°C de réchauffement · avec Daniel Tanuro et Mohamed Hakech

    Conférence-débat: Climat : 1.5°C de réchauffement · avec Daniel Tanuro et Mohamed Hakech

solidaritéS · TV

 

Au milieu des années 70, les gouvernements travaillistes de Harold Wilson puis de James Callaghan décident de renforcer l’industrie aéronautique britannique en la regroupant en une seule entreprise, Lucas Aerospace Combine. Quinze usines rassemblant environ 18’000 ouvriers sont concernées. L’armement (les avions Tornados ou encore le système de missile Sting Ray de l’OTAN) représente environ 50 % de la production. Une petite unité développe pour sa part des technologies médicales. Le plan de concentration industrielle était aussi en même temps un plan de rationalisation du conglomérat, menaçant 20 % des emplois.

Le rôle des « shop steward »La résistance à ces mesures de licenciements va essentiellement être le fait des shop steward, principalement de leur organisme central, le « Shop Stewards Combine Comittee » (SSCC). Les shop steward sont une institution particulière du mouvement ouvrier britannique et fonctionnent comme des délégués d’ateliers. A ce titre, ils sont très proches de la base, représentatifs, et jouent un rôle unificateur dans l’entreprise, dans la mesure où les syndicats restent encore très fortement marqués par leur origine professionnelle. Autre caractéristique des shop steward  de Lucas Aerospace, leur combativité. Ce sont eux qui ont mené la grève de treize semaines de l’usine Burnley en 1972, soutenue dans tout le conglomérat et qui déboucha sur une augmentation massive des salaires.
    S’appuyant sur des économistes extérieurs à l’entreprise, et après deux ans de discussion parmi les travailleurs et travailleuses de Lucas Aerospace, le SSCC publie en 1976 le Plan alternatif. Très généralement, le Plan alternatif s’articule autour de quatre axes : la nationalisation de l’entreprise, la réduction du temps de travail, la reconversion industrielle et le contrôle ouvrier. Refusant la logique des licenciements au nom de la prétendue rentabilité de la production, le plan évoque la nécessité de s’appuyer sur d’autres besoins que ceux du capitalisme : « Dans le combat pour déterminer à quoi doit être utilisée la force de travail, les travailleurs développent une première expérience d’un réel contrôle ouvrier. Ils ne se contentent pas en effet de gérer la structure capitaliste. Ils veulent travailler et utiliser les forces productives existantes pour répondre aux réels besoins de la société et pour œuvrer de telle sorte que le travailleur puisse développer toute sa capacité productive. »

Un plan concret et audacieuxMais le Plan alternatif n’est pas que l’expression d’une perspective sociale et politique générale, il contient toute une série de propositions concrètes. Bien avant que le monde capitaliste ne découvre la nécessité des énergies renouvelables, plus d’une trentaine d’années avant que « les marchés » ne subodorent la possibilité de faire du profit dans le secteur, le Plan alternatif des travailleurs de Lucas Aerospace affirmait que les économies d’énergie répondaient à un véritable besoin social. Il proposait en conséquence de développer des technologies et des produits dans ce sens (batteries hybrides, véhicule rail/route, etc.), avançant aussi une série de projets reposant sur le recours à l’énergie solaire et éolienne…
    Autre point fort des propositions de ce plan, celles concernant le secteur de la santé et du matériel hospitalier. Equipement ambulancier en cas de problèmes cardiaques, appareils pour dialyse, véhicules pour malades atteints de la spina bifida (malformation congénitale pouvant entraîner la paralysie), système de contrôle des prothèses artificielles : les idées réalisables ne manquent pas.

Le Labour et les directions syndicales : un double obstacle

Bien qu’une partie des projets mis en avant dans le Plan alternatif aient été repris partiellement dans l’entreprise, les travailleurs et travailleuses de Lucas Aerospace ne purent imposer leur point de vue. Lutteurs expérimentés et combatifs au niveau de l’entreprise, il leur restait encore à faire l’apprentissage de la lutte politique que la portée des revendications de leur plan devait nécessairement déclencher.

    Ils furent en quelque sorte victimes d’une illusion réaliste : persuadés, à juste titre, de la légitimité de ce qu’ils avançaient et de la rigueur du raisonnement tenu, le refus de la direction de les suivre les étonne. Ils comprennent ensuite qu’elle préférait renoncer à un marché porteur, celui des pompes à chaleur, par exemple, plutôt que de céder du pouvoir au SSCC. Ils s’épuisent alors à trouver un soutien du côté du Labour, qui ne viendra jamais. Quant aux directions syndicales, la notoriété du SSCC leur fait visiblement de l’ombre et elles préfèrent ne rien faire qui puisse déstabiliser la faible majorité parlementaire du Labour. Du Financial Times au au Labour en passant par le Sénat américain (!), tous applaudissent le Plan alternatif, pour mieux l’enterrer. Nul n’envisage sérieusement de remettre en cause des structures fondamentales du capitalisme comme la propriété privée, le contrôle de la production et la définition des besoins auxquels elle répond.
    La lutte des travailleurs de Lucas Aerospace permettra de gagner quelques acquis et de défendre certains emplois, mais sera défaite sur le point central de la réduction du temps de travail. Elle n’en reste pas moins exemplaire de ce que, au cœur des luttes quotidiennes, la créativité et la réflexion ouvrières peuvent dessiner comme avenir possible.

Daniel Süri

 

adhesion-rejoignez-nous-1

Newsletter

Newsletter Je veux recevoir des infos régulières de solidaritéS