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Après le plan Victoria qui a entraîné la suppression de 350 postes entre 2007 et 2009, les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) lancent un nouveau plan d'«efficience» nommé « Performance » pour économiser 75 millions sur 3 ans.

 

Le cabinet d'experts mandatés – payés au passage 10 millions de francs par an – pour élaborer ce train d'économies propose des coupes importantes en personnel, particulièrement, dans l'administration et la logistique. Dans le viseur se trouve également l'unité « santé sexuelle et planning familial », qui répond à un besoin sanitaire de base primordial, assure des suivis de grossesse et des consultations conjugales. « En matière de Planning Familial, l'information n'implique pas seulement de donner des conseils techniques, mais aussi d'aborder les questions relatives à la sexualité, aux rapports humains, aux aspects psychologiques et sociaux de la vie en commun ».Conseil de l'Europe – mars 1978

 

Contre les femmes défavorisées, migrantes, mineures...

Ces mesures correspondent à la suppression de 2/3 des postes de conseillères, ce qui rendra quasi impossible le fonctionnement de cette unité, vu la charge de travail actuelle : 4000 entretiens par an et de multiples autres prestations (conseils téléphoniques, cours, intervention dans des lieux de formation, participation à des réseaux pluridisciplinaires). Il s'agit une fois de plus d'attaques contre les femmes migrantes, défavorisées et les mineures et de quasi éliminer ce service public, gratuit et confidentiel. Comment évaluer les effets sur ces femmes et jeunes filles ? Solitude ? Angoisse ? Dépression ? Avec le manque de personnel, les patientes attendront peut-être longtemps avant d'obtenir un rendez-vous, le risque est bien réel de voir des femmes contraintes de poursuivre une grossesse non désirée si le délai pour avorter est dépassé.

Dans la Tribune de Genève du 31 octobre, Bernard Gruson, directeur des HUG, dément ces informations, mais « comprend » l'inquiétude des gens. Il assure que rien ne sera fait contre cette unité en 2013 et que des pistes sont évoquées pour 2014, mais que rien n'est décidé. C'est donc bien maintenant qu'il faut se mobiliser pour que ces mesures iniques ne rentrent en vigueur ni en 2014, ni après. En supprimant également l'unité de sexologie médicale, on ne peut qu'imaginer une volonté pour les HUG de se défaire de tout ce qui touche à la sexualité.

 

Vers un recul de cinquante ans ?

Ces éléments sont un signal fort négatif, d'autant que le remboursement de l'avortement est menacé par une initiative fédérale, dont le vote aura lieu probablement en 2013. En amont, l'accès à la contraception et à la pilule du lendemain est restreint et en aval l'avortement pourrait n'être réservé qu'aux femmes les plus privilégiées. Actuellement, avec le remboursement par la LAMal, il y a un petit principe de solidarité entre hommes et femmes. Si le paiement d'un avortement n'est qu'une affaire individuelle et privée, ce principe là est rompu.

Or, l'OMS estime que le modèle prévalant en Suisse jusqu'ici, basé sur l'information et le conseil sur la contraception et sur la sexualité et l'accès aux soins, a permis d'obtenir le taux d'avortement le plus bas au monde. Est-ce ce travail et ce dispositif que la direction des HUG et les partisans de l'initiative veulent anéantir ?

En 1965, Genève était pionnière dans le domaine en créant le premier centre de planning familial. En 1981, une loi au niveau fédéral déterminait l'ouverture de centres similaires dans tous les cantons. Ces économies marqueraient le retour à ce qui se faisait il y a 50 ans.

Ces attaques contre la santé des femmes s'inscrivent dans une offensive générale (loi anti-avortement en Espagne, position ultra misogyne des Républicains aux USA, ...).

Contrairement à cela, c'est vers la gratuité de la contraception qu'il faut aller. La France vient de la voter pour les jeunes filles de 15 à 18 ans ainsi que le remboursement complet de l'IVG. Rien de bien formidable, puisque la question de l'anonymat n'est pas résolue partout et que l'accès à des plannings familiaux n'est pas assuré sur tout le territoire.

 

C'est le moment de résister !

Concrètement, la résistance s'organise notamment autour du comité pour l'avortement libre et gratuit (www.comite-alg.org). La députée PS Lydia Schneider-Hausser a déposé une motion au Grand Conseil pour sauver le planning et maintenir les effectifs actuels, pour garantir l'existence et l'efficacité du planning familial et pour que l'Etat de Genève respecte l'obligation fédérale d'instituer des centres de consultation dans lesquels les femmes ont accès à une information et des consultations gratuites.

Ce texte a déjà été signé par 4 groupes parlementaires (PS, Verts...MCG et UDC). Le 15 novembre, un rassemblement aura lieu devant l'Hôtel de Ville genevois pour faire pression sur les député·e·s et les appeler à soutenir la motion. Courant novembre, une conférence de presse des syndicats dénoncera ces 75 millions d'économies, dont la suppression de 120 postes pour 2013, et mettra l'accent sur la situation du planning.

NON aux restrictions de postes au planning familial !

NON à l'initiative contre le remboursement de l'IVG!

Soutien aux travailleuses et aux travailleurs des HUG pour sauver leurs postes de travail et la sécurité des usagères et usagers des services de santé !

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