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2017 01 29 cdp pollution


Communiqué de presse • Dimanche 29 janvier 2017

Ce vendredi 27 et samedi 28 janvier, les différentes stations de mesure des concentrations de particules fines (PM10) dans le canton de Genève ont enregistré des concentrations allant de 55 à 75 µg / m3! Des valeurs très nettement supérieures au seuil de 50µg, fixée par l'Ordonnance fédérale de protection de l'air. Au-delà de ce seuil, l'OMS considère que de sérieux problèmes de santé peuvent advenir aux personnes exposées. Loin d’être une exception, cette situation se répète régulièrement dans le canton.

 

Plusieurs études scientifiques ont souligné le rôle néfaste de la pollution atmosphérique sur la santé humaine. On observe ainsi une augmentation de 5 à 10% des personnes se rendant aux urgences avec des problèmes respiratoires ou cardiaques lors des pics de pollution . Au-delà de ces pics, l’exposition prolongée avec une pollution atmosphérique comme nous la connaissons à Genève accélère le vieillissement pulmonaire et cardiaque, et entraîne un moins bon développement respiratoire des enfants, notamment en favorisant l’asthme . En Suisse, la pollution de l’air est responsable de 5000 morts par an.

Ce problème sanitaire est doublé d'une problématique sociale : ce sont le plus souvent les classes défavorisées qui vivent aux abords des voies fortement fréquentées par le trafic routier. Les enfants proches des axes routiers fréquentés par plus de 20'000 véhicules par jour ont 6 fois plus de risques de développer un cancer.

Des mesures doivent donc être prises rapidement, non seulement dans l'urgence des pics de pollution, mais aussi et surtout de manière structurelle pour réduire, à long terme, la pollution atmosphérique. Autant dire que la mesure de « circulation alternée volontaire » mise en place par le Conseiller d’Etat en charge du dossier est au mieux une plaisanterie. solidaritéS demande de:

1. Donner les moyens aux TPG de développer leur offre tout en les rendant abordables pour toutes et tous. L’augmentation des tarifs TPG, combattue en référendum par Ensemble à Gauche, doit être rejetée et la subvention allouée aux TPG doit être revue à la hausse, afin de maintenir les tarifs actuels, de revenir sur les baisses de prestations réalisées depuis fin 2014, tout en assurant des conditions de travail correctes au personnel TPG. L’augmentation des coûts de la santé engendrés par la pollution n’est aujourd’hui pas prise en compte dans les coûts « externes » du trafic routier. En ce sens, les transports publics représentent en réalité une économie considérable. Or, les moyens sont là : 36 millions de recettes supplémentaires annuelles devraient entrer dans les caisses du Canton suite au déplafonnement de la déductibilité des frais de transport (vote du 25.09.16).

2. Encourager la mobilité douce en développant les pistes cyclables et les aménagements piétons. L’initiative pour la mobilité douce, votée en 2011 par la population n’est toujours pas appliquée et les accidents fréquents le démontrent souvent tragiquement : les cyclistes et les piétons restent extrêmement vulnérables sur le réseau routier, ce qui décourage nettement le recours à ces modes de transport et explique notamment le plafonnement à 5% de part modale du vélo à Genève. De plus, les « ondes vertes » pour les voitures mises en place par Luc Barthassat représentent un obstacle supplémentaire pour les piétons sur plusieurs grands axes routiers où le temps d’attente au feu rouge piéton a fortement augmenté.

3. Viser une réduction importante du trafic motorisé. Cela implique des mesures drastiques : diminution massive des places de parking en ville (pendulaires et visiteurs) et retenue des véhicules le plus en amont possible dans des P+R. Parce qu’il est absurde et inacceptable de dépenser des milliards pour des infrastructures routières si c’est pour ensuite empêcher une partie des usagers•ères – souvent les plus modestes – de les utiliser, nous refusons toute extension du réseau routier, et appelons la population à voter NON au fonds FORTA le 12 février. L’extension à 3 voies de l’autoroute de contournement doit être combattue, ainsi que la route des Nations, les routes d’évitement de villages (qui ne font qu’amener toujours davantage de voitures en ville), et bien sûr la traversée du Lac. Enfin, il faut décourager de manière volontariste, le recours aux deux-roues motorisés, source importante de pollution atmosphérique et sonore.

 

C’est peu dire que la politique du Conseiller d’Etat en charge de la mobilité va totalement à contre-sens de ces élémentaires exigences de santé publique et environnementale dans ce Canton. En effet, la quasi-totalité des mesures prises par le département des transports depuis l’entrée en fonction de Luc Barthassat tenderont à augmenter le trafic motorisé et diminuer la part des transports écologiques. Il est grand temps de renverser la table.

 

Contacts :

Thibault Schneeberger 
Jean Burgermeister