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revolVendredi 25.03.11 · 20h15
Meeting - fête : Vive la révolution tunisienne et les révolutions arabes
Maison des Associations

Salle Gandhi, 15 r. des Savoises, Genève
Ahlem BELHADJ

(Pédopsychiatre, ex-Présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, membre du Front 14 janvier)

Hamma Hammami

(Professeur, condamné à 9 ans de prison en 1999, porte-parole du PCOT, membre du Front 14 janvier)

Dès 22h30, Soirée festive avec Barba Roots
(groupe de reggae tunisien)

 

Depuis près de trois mois, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont ébranlés par des mobilisations populaires de grande envergure qui touchent la majorité des pays de la région. Deux dictateurs sont déjà tombés sous les coups de boutoir de centaines de milliers de manifestants, femmes et hommes ; un troisième a déclaré la guerre à son peuple ; et tout récemment, le gouvernement provisoire tunisien a dû jeter l’éponge sous la pression populaire.

Pour comprendre la force et la simultanéité de ces révolutions, il vaut la peine de s’interroger sur leurs causes sociales communes, qui concernent aussi d’autres régions du monde : la croissance des inégalités, le chômage endémique et la hausse des prix des biens et services de première nécessité (aliments de base, éducation, logement, soins médicaux, etc.). En effet, la mondialisation capitaliste a produit des effets similaires à l’échelle planétaire, y compris en Europe et aux Etats-Unis, même s’ils sont beaucoup plus brutaux dans les pays du Sud.

La généralisation de dictatures mafieuses, qui enrichissent de petites coteries en bradant les ressources naturelles, les services publics et la main d’œuvre des pays les plus pauvres aux multinationales, ne doit rien au hasard. C’est la traduction du «consensus de Washington» dans les pays dominés. Leurs fabuleuses fortunes sont d’ailleurs placées sur les marchés financiers dans une série de paradis fiscaux globalisés, en particulier la Suisse, où monte le racisme islamophobe contre les salariées et réfugiées de ces pays.

Le timing de ces soulèvements populaires a été synchronisé par le tsunami financier mondial de 2008, provisoirement endigué par les milliers de milliards de dollars injectés par les Etats pour sauver les banques et les grandes industries. Son impact social s’est soldé par une explosion de la misère et du chômage dans le monde ; il a été encore aggravé par la spéculation sur les dettes souveraines, justifiant des plans d’austérité brutaux, et par une flambée spéculative sur l’énergie et les biens alimentaires.

Les révolutions tunisienne et égyptienne sont ainsi devenues le cœur d’une révolte globale contre un ordre mondial injuste, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe (plusieurs grèves générales), au Mexique, en Chine, et même aux Etats-Unis, où des dizaines de milliers de salariées assiègent le Capitole de Madison (Wisconsin) depuis plusieurs semaines pour défendre les droits syndicaux et les services public. Contre les diktats de l’Etat et de la finance, le mouvement syndical états-unien s’inspire explicitement des leçons de la Kasbah de Tunis et de la place Tahrir au Caire!

Notre solidarité avec les révolutions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient est donc l’expression d’un combat commun contre un même ennemi : le système capitaliste mondialisé qui dicte partout les mêmes politiques de privatisation et d’austérité, menées par des pouvoirs de plus en plus autoritaires et violents, en particulier au Sud. C’est pourquoi les aspirations démocratiques des révolutions arabes sont inséparables de leurs aspirations sociales : seule leur combinaison peut rassembler les forces nécessaires à une véritable rupture avec le désordre actuel du monde. De notre côté, nous appelons à l’arrêt de toute ingérence politique et militaire de l’Europe et des Etats-Unis dans la région.

Les puissances occidentales ont soutenu ces dictatures comme des relais pour le pillage des ressources de ces pays, et comme des remparts contre «l'invasion musulmane». Ces dictatures tombées, elles demandent de nouvelles mesures contre les migrantes de cette région. Assez de ce racisme! Soutenons les luttes politiques et sociales de ces peuples.

L’association des Tunisiennes et des Tunisiens en Suisse et le Comité de soutien aux luttes populaires dans le monde arabe ont été à l’initiative de trois importantes mobilisations de rue à Genève pour soutenir les révolutions tunisienne (15 janvier), égyptienne (11 février) et libyenne (26 février). Pour répondre à l’appel du Forum social mondial de Dakar, ils organisent, en collaboration avec le bimensuel solidaritéS, une soirée de soutien aux révolutions dans le monde arabe, le 25 mars prochain.

Org. : Association des Tunisiennes et des Tunisiens en Suisse, Comité de soutien aux luttes populaires dans le monde arabe & bimensuel solidaritéS

Premiers soutiens : ACOR-SOS-Racisme, Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Gauche anticapitaliste, MPS, Parti communiste genevois, solidaritéS