2014-11-30-ecopop-croix

Faussement écologiste - Authentiquement raciste
NON À ECOPOP

Derrière une initiative prétendument écologiste, se souciant de la préservation des ressources, un groupuscule issu des mouvements xénophobes des années 70 essaie de de nous vendre une modification constitutionnelle profondément xénophobe ayant des conséquences politiques désastreuses. Votons NON à un texte profondément rétrograde, aux relens colonialistes et racistes.

 

Racisme : attaque en bloc des permis de séjours permanents

Cette initiative cherche principalement à limiter la population étrangère résidante permanante (permis B et C) en renforçant l'utilisation des permis temporaires et du statut de saisonnier. Les demandes d'autorisation de courte durée vont augmenter en flèche avec pour conséquence une flexibilisation du travail des migrant·e·s. Loin de combattre l'impact écologique des habitant·e·s de ce pays, cette initiative augmente le nombre de migrant·e·s sans droits, pour la plupart d'origine extra-européenne.
En d'autres termes, il s'agit d'adapter encore plus l'immigration aux besoins des employeurs sans pour autant les accueillir. Loin de limiter la population résidente, ce texte prévoit simplement une exploitation et une précarisation accrue des immigrant·e·s.

NON à cette initiative aux relens racistes !

 

Xénophobie : un nouveau visage

Cette initiative propose une nouvelle lecture de la réalité sur un mode xénophobe, qui part cette fois-ci d'une argumentation écologiste : le « nous » contre « eux » est justifié par l'impact présumé des étrangers sur l'environnement. Outre l'absurdité du raisonnement qui voudrait que la question écologique s'arrête aux frontières nationales, le texte accuse directement les étrangers d'être les coupables des problèmes environnementaux. Rien n'est dit sur la frénésie consumériste à laquelle les habitant·e·s de Suisse sont constamment encouragés par la publicité, ni sur la manière dont notre économie produit en détruisant l'environnement.

Ce ne sont pas les immigré·e·s qui sont responsables de la crise écologique, mais bien le capitalisme avec sa logique de profit et de croissance infinie, qui épuise les ressources, pollue et détruit notre planète ! Refusons la xénophobie et mettons en cause le système de production !

 

Néo-colonialisme : ingérence dans les pays pauvres

En conditionnant une aide financière à destination des pays pauvres à l'application d'une politique de contrôle de la natalité, l'initiative Ecopop veut imposer ses solutions aux pays les plus pauvres sur un mode néo-colonial et paternaliste. En effet, considérer que le taux élevé de natalité est la cause de la pauvreté, alors qu'il en est la conséquence, et qu'il engendre la migration et les problèmes environnementaux, relève au mieux de l'ignorance, au pire d'une manipulation de l'opinion publique.

Une véritable aide au développement suppose d'abord que l'on cesse de piller les pays du Sud avec le rapatriement des bénéfices des multinationales, par l'échange inégal, par le service de la dette, par le pillage des matières premières... Il se poursuit par un transfert de ressources dans le respect des décisions souveraines des pays visés.

L'argumentaire des initiants cache la réalité des causes de la pauvreté, notamment de la surexploitation des pays du Sud par les capitaux industriels et financiers du Nord. Refusons ce néo-colonialisme qui dégrade la dignité des êtres humains et masque les réels problèmes du monde actuel.

 

Ecopop divise les travailleurs·euses

Le texte de cette initiative repose fondamentalement sur la division des milieux populaires. Premièrement, en prétendant que les migrant·e·s seraient la cause des problèmes environnementaux et que les pays pauvres seraient responsables des problèmes sociaux et écologiques du monde, les initiants opposent les travailleurs·euses du Nord et du Sud. Deuxièmement, en cherchant à précariser et à flexibiliser la main d'œuvre étrangère pour la rendre corvéable à merci, les défenseurs d'Ecopop veulent mettre en concurrence les travailleurs·euses suisses et étrangers et favoriser le dumping social et salarial par la bonne vieille méthode de la collaboration de classe contre « l'étranger ».

NON à la division des travailleurs!

 

Votons NON à Ecopop... et continuons le combat!

Il est bien sûr primordial de balayer cette initiative. Mais nous devons aussi combattre la xénophobie et le racisme à la racine. C'est pour cela que solidaritéS s'engage à soutenir l'émergence et le renforcement d'un mouvement social anticapitaliste, solidaire des travailleurs·euses, des précaires et de leurs conditions de vie, en Suisse et au-delà. Pour cela, il faut soustraire au profit et à la propriété privée tout ce qui est nécessaire à la vie.

Afin de répondre à la crise écologique globale, c'est aux logiques prédatrices du capitalisme et du profit privé qu'il faut s'attaquer, à sa volonté implacable d'exploiter main-d'oeuvre, sol, matières premières, ainsi que toute la biosphère.

Pour combattre efficacement et à long terme la xénophobie et le racisme, il faut un autre projet de société, anticapitaliste, écosocialiste, féministe. C'est à la définition de ce projet que solidaritéS vous invite à participer.

Dans l'immédiat, votons NON à cette initiative rétrogarde, trompeuse et dangereuse!