Archive Immigration/racisme

Contrôles au faciès, discriminations raciales, mauvaises pratiques policières: Ensemble à Gauche proteste, la majorité PS-Verts de Lausanne défend qu’il est urgent de ne rien faire.

Communiqué de presse — Mardi 20 mars 2018

Une année après la mort d’Hervé Mandundu à Bex et trois mois après celle de Lamin Fatty à Lausanne, un autre homme noir est mort dans notre région après une interpellation de police. Sans présupposer des causes précises de ce décès, ces cas sont révélateurs d’une forme de racisme structurel qui se décline dans toutes les sphères de la société, et dont la police n’est pas exempte. Pour le groupe Ensemble à Gauche (EàG), la Municipalité et la majorité rose-verte de ce conseil porte une lourde responsabilité politique. EàG dénonce la politique sécuritaire de la Municipalité de Lausanne. Celle-ci mène à des abus, des mauvaises pratiques et des usages excessifs de la force, provoquant parfois des drames.

Mercredi 28 février, Mike, d’origine nigériane, a perdu la vie après une interpellation de police. Il avait de la famille qui le pleure aujourd’hui. Il était membre du collectif Jean Dutoit, composé de personnes noires en situation irrégulière de séjour qui se battent pour leurs droits. Ces morts nous rappellent que les politiques racistes et sécuritaires qui ont cours en Suisse et dans le canton de Vaud peuvent être littéralement mortelles. Etre un jeune homme noir, ici à Lausanne comme ailleurs en Suisse, fait de vous une cible toute désignée au racisme d’Etat. L’accès aux logements, à l’éducation ou même tout simplement à l’espace public relève pour cette population du parcours du combattant. Et lorsqu’on est marginalisé par son statut légal, on devient encore plus vulnérable. Les témoignages des hommes noirs sont alarmants : violences policières, profilage racial, humiliation et insultes dans le cadre d’interventions de police et, dans les pires des cas, la mort.

La politique de la Municipalité en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants est ici particulièrement mise en cause. Depuis le tournant sécuritaire entamé par la majorité municipale en 2012, les pratiques policières exacerbent les tensions et rendent le climat des plus délétères. A l’époque, Daniel Brélaz et Grégoire Junod promettaient de faire disparaître le deal de rue en quelques mois, par une stratégie consistant à « harceler » de façon méthodique et systématique les revendeurs de bout de chaîne.

Or, force est de constater que six ans plus tard, la situation n’a pas réellement évolué et s’est même détériorée. L’objectif de faire disparaître ne serait-ce que la part la plus visible du problème de la consommation de stupéfiants n’a pas été atteint. Cette politique alimente un climat de peur, de tensions et de violences, qui ont un impact négatif sur la population, en particulier les personnes noires habitant à Lausanne.

Le 20 mars 2018, EàG a interpellé la Municipalité de Lausanne, pour questionner la politique sécuritaire de la ville. Dans le cadre de la discussion, EàG a déposé deux résolutions (cf. annexe). La première proposait de réévaluer la politique de sécurité de la ville pour sortir de cette stratégie du harcèlement. La seconde invitait la Municipalité à favoriser une approche humanitaire et sociale de la situation, plutôt que sécuritaire et répressive. Toutes deux ont été rejetées en bloc par le plénum. Ainsi, la majorité rose-verte du Conseil communal et de la Municipalité confirme par leur vote leur responsabilité politique devant ces drames et ces abus.

Nous demandons que les voix de ces personnes noires soient réellement prises en compte. Nous voulons que justice soit faite pour Mike et pour toutes et tous les autres. Nous exigeons que les violences policières cessent tout de suite !

Dès la semaine prochaine, nous défendrons au Conseil communal des mesures telles que la mise sur pied d’une instance indépendante pour les dépôts de plainte contre les mauvaises pratiques policières, ainsi que l’introduction d’un reçu délivré à l’occasion de chaque interpellation.

mars 20 2018 | Antiracisme and Conseil communal and Immigration/racisme and Migrant-e-s and Municipalité | aucun commentaire »

LAUSANNE « VILLE REFUGE » Rassemblement jeudi 10 décembre

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LAUSANNE « VILLE REFUGE »
Agissons ici et maintenant !

A l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, le Collectif R – qui protège depuis 9 mois des migrant.e.s menacé.e.s de renvois dans le cadres des accords de Dublin –  investit la place publique. Il interpellera les autorités de la Ville de Lausanne, pour que la commune :

  • SE DÉCLARE « Ville-refuge » et rejoigne le réseau municipal européen impulsé par les mairies de Barcelone et Madrid ;
  • S’ENGAGE à ne plus prêter son concours à l’exécution de procédures de renvoi forcé de migrant-e-s, ni à aucune mesure de contrainte à leur encontre, sur le territoire de la ville ;
  • FASSE SAVOIR au Secrétariat d’État aux Migrations que Lausanne est prête à accueillir au moins 1’500 migrant-e-s qui se pressent aux portes de l’Europe, d’une part en ouvrant de nouvelles places d’hébergement directement sous sa responsabilité, et, d’autre part, en organisant l’accueil de réfugié-e-s chez des habitant.e.s qui se déclarent disposé.e.s à le faire
  • PRENNE toutes les dispositions utiles pour mettre en place une prise en charge décente de ces réfugié.e.s et ce avec un soutien actif des habitant.e.s de la commune ;
  • DÉGAGE DES RESSOURCES financières extraordinaires à cette fin.

Rassemblement jeudi 10 décembre, 17h30, place St-Laurent !
Venez nombreux-ses! Vin chaud et soupe solidaires au programme.

 

 

décembre 08 2015 | Accords Dublin and Conseil communal and Immigration/racisme and Lausanne | aucun commentaire »

Le Collectif R a occupé l’université de Lausanne

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Au petit matin du lundi 23 novembre, une vingtaine de migrant·e·s menacé·e·s de renvois dans le cadre des accords de Dublin, accompagné·e·s d’une cinquantaine de militant·e·s du Collectif R, ont investi l’auditoire 1612 du bâtiment Géopolis, sur le campus de l’université de Lausanne. Par une occupation de 4 jours, les militant·e·s du refuge de St-Laurent ont cherché à interpeler la communauté académique, invitant tous ses membres à prendre position en faveur d’une vraie politique d’hospitalité. Cette présence, non violente et pacifique, aura obtenu le soutien de plusieurs milliers de personnes, enseignant·e·s, collaborateurs·trices et étudiant·e·s. À mi-parcours de cette action symbolique, Pierre Conscience, militant du Collectif R, rédige ici un compte-rendu intermédiaire.

 A l’heure où ces lignes sont rédigées, nous entamons notre troisième jour d’occupation d’un auditoire de l’Université de Lausanne. Au vu des discussions que nous avons pu avoir avec le recteur, tout porte à croire que notre présence au sein de ces murs pourra se prolonger jusqu’au terme initialement prévu : le jeudi soir 26 novembre. Ainsi, durant cette semaine, nous aurons mené toute une série d’activités très riches : témoignages, ateliers-­discussions, conférences, débats, projections de films, expositions photo, dans la perspective de sensibiliser et de développer des solidarités actives au sein de cette composante importante de la société civile, et de réfléchir ensemble aux suites de notre lutte. lire la suite »

décembre 03 2015 | Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »

Pour que la Ville de Lausanne se déclare « Ville-refuge » et s’associe au réseau créé en Europe

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Le Collectif R a adressé une lettre ouverte à la Municipalité et au Conseil communal de la Ville de Lausanne demandant que celle-ci se déclare «  Ville-refuge  » et rejoigne ainsi le «  réseau de villes refuge  » à l’initiative de cités comme Madrid ou Barcelone. Cet appel, soutenu notamment par l’Union syndicale vaudoise, est repris dans un postulat déposé le 6 octobre 2015 par Pierre-Yves Oppikofer, conseiller communal du groupe La Gauche (POP-solidaritéS) et que nous reproduisons ci-dessous. La discussion préalable devra avoir lieu le 10 novembre prochain. [JL]

 Depuis le début de l’année 2015,

l’Europe vit l’une des crises migratoires les plus conséquentes et les plus graves de son histoire. Loin de s’atténuer – avec désormais plus de 800 000 personnes qui arrivent, fuyant la guerre, la misère et les persécutions, principalement en Afrique du Nord-Est et au Moyen-Orient – cette crise ira croissant de mois en mois (voir la fiche d’information du Secrétariat d’Etat aux migrations SEM du 18 septembre 2015).

Les mesures annoncées par le Conseil fédéral (accueillir 1500 personnes à déduire du contingent de 3000 personnes déjà annoncé) ne sont pas à la hauteur de la crise actuelle. Il devient urgent que les autorités suisses s’engagent pour un accueil digne de réfugié·e·s, par-delà leurs origines et les motifs de leur exil. Rappelons qu’en 1999, dans le cadre de la guerre en ex-­Yougoslavie, la Suisse avait accueilli 20 000 personnes de plus qu’elle ne s’apprête à le faire cette année, sans que cela ne pose de problèmes. Une telle politique d’hospitalité peut et doit être réitérée aujourd’hui. lire la suite »

novembre 09 2015 | Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »

Le PS et la droite font bloc contre l’occupation du collège de Petit-Vennes

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Mardi 8 septembre, une foule de 200 personnes a répondu à l’appel du collectif  Jean Dujardin et Jean Dutoit  en se rassemblant à l’entrée du Conseil communal lausannois pour montrer son soutien au mouvement de migrant·e·s qui occupe actuellement l’ancien collège de Petit-Vennes et faire pression sur le Conseil communal.

Malgré cette forte mobilisation, le Conseil communal a suivi la position ferme de la Municipalité en refusant de trouver une solution d’hébergement digne et concrète pour les migrant·e·s du Sleep-In. Le groupe La Gauche a finalement été le seul à défendre les revendications des migrant·e·s. Hormis le groupe des Verts qui s’est « courageusement » abstenu du débat, tous les autres partis, du PS à l’UDC, sont intervenus pour plébisciter la position de la Municipalité qui a déposé une plainte civile et pénale contre l’occupation. Comme le soutenait notre camarade Alain Hubler, reste à savoir si notre Municipalité à majorité rose-verte «songera à sortir de cette ‹ crise › d’une façon plus élégante que d’envoyer la police sur des migrants qui ont fui le Soudan, le Mali ou l’Erythrée.»  Jorge Lemos

septembre 22 2015 | Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »

Say it loud, say it clear, refugees are welcome here !

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Mardi 15 septembre, environ 500personnes étaient une nouvelle fois dans la rue pour manifester aux côtés des migrant·e·s du Refuge de St-Laurent. 

Cette nouvelle mobilisation a permis de rappeler la nécessité urgente de suspendre immédiatement tous les renvois « Dublin » mais également d’accueillir les réfugié·e·s qui arrivent aujourd’hui en Europe. Alors que ce système prend l’eau, que l’Allemagne vient de stopper les renvois de réfugié·e·s syriens, la Suisse continue elle de se murer dans le déni. Les derniers évènements tragiques ne laissent pourtant plus de doute sur la nécessité de forcer nos autorités cantonales et fédérales à emboîter le pas vers une nouvelle politique d’accueil pour faire face à la pire crise des réfugié·e·s depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il est en effet plus que jamais urgent de défendre un droit fondamental à l’accueil, à la dignité et à la sureté. Après six mois d’occupation et malgré une première victoire pour le Collectif R qui a vu plusieurs migrant·e·s en lutte échapper à un renvoi et avoir le droit de demander l’asile en Suisse, il est nécessaire de continuer le combat, car d’autres migrant·e·s restent dans le collimateur de la machine de « Dublin »…  Jorge Lemos

septembre 22 2015 | Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »

MANIFESTATION STOP DUBLIN / REFUGEES WELCOME !

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septembre 14 2015 | Activités and Grand Conseil and Immigration/racisme | aucun commentaire »

Nous sommes ici, ne tentez pas de nous cacher !

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L’ancien collège de Petit-Vennes à Lausanne est occupé depuis dimanche 30 août, par des migrants du Sleep-In et un collectif de soutien. Ils exigent des conditions d’hébergement dignes, et de ne plus être systématiquement harcelés par la police. solidaritéS est solidaire de cette lutte et soutient les revendications du Collectif «Jean Dujardin et Jean Dutoit».

Pour rappel, une soixantaine de mi­grants ont trouvé refuge depuis le printemps dans le jardin du Sleep-In (structure d’accueil pour sans-abris, financée par les communes de Renens et de Lausanne). A défaut d’alternatives, refusé·e·s partout ailleurs et harcelé·e·s par la police, ces personnes ont cherché dans ce lieu un abri de fortune, un espace d’accueil dans l’urgence.

Pour la plupart déboutés de l’asile en Suisse, en particulier sous l’effet pervers des accords Dublin [cf. ci-dessous], dans des situations irrégulières et très précaires, ces «  Jeans Dujardin » obtiennent jour après jour le soutien et la solidarité d’un nombre croissant d’associations et de personnes. Pourtant, les municipalités de Renens et de Lausanne (supposées à gauche) ont ordonné l’évacuation de l’espace dimanche 30 août, sans aucune proposition de relogement. En réponse à cette décision, et face à l’absence de solution viable, les migrants, entourés par leur collectif de soutien, ont décidé d’occuper un bâtiment appartenant à la municipalité de Lausanne, dans le Nord de la ville.  lire la suite »

septembre 04 2015 | Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »

Le Collectif R sonne l’alarme, le Conseil d’État fait la sourde oreille

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Mardi 25 août, alors que les député·e·s au Grand conseil rentraient delongues vacances, une centaine de réquerant·e·s d’asile et de militant·e·s du Collectif R les attendaient pour leur rappeler que des dizaines de migrant·e·s dans le canton n’avaient connu aucun répit durant l’été, poursuivant leur combat quotidien pour éviter leur renvoi.

Par la mécanique inhumaine des accords de Dublin, ces personnes sont menacées de renvois vers des pays de transit qu’elles ne connaissent pas, en particulier vers l’Italie, où les conditions de vie pour les réfugié·e·s sont désastreuses. Pourtant, elles ne demandent rien de plus que l’ouverture d’une procédure d’asile ordinaire. Leur unique « crime » consiste à fuir la précarité et la misère qui les attendent.

Les six requérant·e·s d’asile vivant dans le refuge ouvert par le Collectif R à l’église de St-Laurent ne sont que la partie émergée de l’iceberg, la face visible des dizaines d’autres évoluant dans une situation analogue sur sol vaudois. Or, le Grand conseil a adopté une résolution le 12 mai dernier demandant de suspendre les renvois vers l’Italie et de prendre en compte les situations personnelles dans le cadre du système Dublin. Mais le gouvernement cantonal s’en lave les mains, et reste sourd aux revendications légitimes des réfugié·e·s. lire la suite »

septembre 04 2015 | Accords Dublin and Immigration/racisme and Vaud | aucun commentaire »