n°141 (21/01/2009), p. 17. | ![]() ![]() ![]() |
Articles liés. Numéro 141 | Auteurs: Marianne EBEL | Rubriques: Neuchâtel | Élections | |
Neuchâtel
Elections cantonales 5 avril 2009 : POP et solidaritéS présentent des listes communes
Le 5 avril prochain, les autorités cantonales seront réélues. Avec la généralisation du vote par correspondance, c’est dès la mi-mars que les électrices et électeurs rempliront leur bulletin de vote. Elections très attendues : après une législature très mouvementée, avec une nouvelle majorité aux commandes — un Conseil d’Etat formé de 2 socialistes, 1 Vert, 2 Libéraux-Radicaux et un Grand Conseil avec 41 socialistes, 10 Verts, 6 POP, 1 solidaritéS, 40 Libéraux-Radicaux et 17 UDC — la gauche va-t-elle rester majoritaire ?
Cette législature a été celle de la colère et des déceptions : colère face aux diminutions des prestations sociales pour les plus défavorisés, colère face aux fermetures de services hospitaliers, déception face à la politique d’un Conseil d’Etat de « gauche » qui pratiquait une politique de droite. Comment cela se traduira-t-il dans les urnes le 5 avril ?
L’UDC roule les mécaniques, annonce son intention de tout bouffer et de ramener l’ordre dans la République avec dans son viseur l’écologiste Fernand Cuche. Les droites radicales et nationaliste seront apparentées, mais leur manque de leaders populaires est flagrant (leurs conseillers nationaux ou aux Etats ne se lancent pas dans l’élection). Le parti socialiste paiera-t-il son soutien sans faille à la politique néolibérale du Conseil d’Etat ? Il y a quatre ans, les Verts avaient été portés par la popularité de Fernand Cuche ; après 4 ans d’usure du pouvoir, qu’en sera-t-il ?
Entretien avec Marianne Ebel, députée solidaritéS et candidate :
Durant cette législature, solidaritéS s’est opposé à toutes les mesures de restructuration et de diminution de prestations. La double majorité de gauche aurait-elle pu, à ton avis, mener une autre politique ?
Non seulement le PS aurait pu, mais il aurait dû mener une autre politique ! Le renversement de la droite, après 150 ans de majorité continue, était porteur de beaucoup d’espoirs. « Pour un canton social et solidaire » : la campagne du PS avait été claire. Le choc du premier budget, voté six mois après les élections, a été profond. Les mesures antisociales, notamment la baisse des subsides de l’assurance-maladie, étaient de toute évidence contraires aux engagements pris quelques mois auparavant. Le programme de législature, rédigé à la hâte par le Conseil d’Etat, avec au cœur du projet la diminution de 10 % de la masse salariale des employés de l’Etat, les privatisations-autonomisations de services, la baisse des subsides aux hôpitaux ne ressemblait en rien au programme électoral ! Au cours de cette législature, ce n’est qu’occasionnellement qu’un vote commun, PS-PopVertsSol, nous a permis de faire passer une mesure sociale contre la volonté de la droite. Au lieu de développer la formation, la santé, les transports, c’est le rétablissement des finances cantonales et le respect du frein à l’endettement qui ont été la priorité du Conseil d’Etat et du Parti socialiste.En juin 2005, 85 % des Neuchâtelois·e·s ont souscrit à l’idée d’inscrire le principe d’un frein à l’endettement et aux recettes dans la Constitution neuchâteloise. Le Conseil d’Etat et le PS justifient leur politique au nom de ce vote populaire massif. A ton avis, n’est-ce pas un vote contraignant ?
Au moment de la votation, le PS a présenté cet outil comme indispensable pour rétablir l’équilibre des finances cantonales. C’est un projet de l’ancienne majorité qui, sentant son échec arriver, a proposé un article exigeant une majorité de trois cinquièmes du Parlement pour toute nouvelle dépense ou toute nouvelle recette de plus de 5 millions, ce qui lui permettait de bloquer toute velléité de redistribution sociale conséquente en faveur des plus défavorisés. Notre opposition n’a jamais été fortement médiatisée, si bien qu’une grande partie des électrices et électeurs, mal informés des conséquences sociales et démocratiques d’un tel vote, n’ont compris que bien trop tard qu’il aurait mieux valu voter NON.Mais l’équilibre financier du canton, n’est-ce pas pour solidaritéS une préoccupation ?
Bien sûr que oui, c’est un problème pour tout le monde. Mais la question est de savoir si on le résout en augmentant la participation des plus fortunés ou en réduisant les prestations aux plus défavorisés. SolidaritéS a avancé plusieurs propositions pour une plus grande justice fiscale. Le PS les a toutes refusées et le Conseil d’Etat, qui prétend s’intéresser à de nouvelles idées en matière fiscale, fait traîner dans ses tiroirs une initiative déposée en 2006 déjà, et qui émane d’un front, regroupant l’Union syndicale, Attac, le POP, les Verts et solidaritéS pour un impôt extraordinaire, progressif et limité dans le temps, sur les fortunes d’un million et plus. L’impôt sur les bénéfices des entreprises a continué d’être pratiqué dans l’opacité. La loi prévoit un impôt de 6 à 10 %, alors que l’imposition réelle globale est de moins de 2 %. Si cet impôt sur les bénéfices des entreprises était appliqué réellement, l’équilibre des finances serait résolu : le canton n’aurait plus de dettes !En présentant des listes POP-SolidaritéS quel est votre objectif dans ces élections ?
solidaritéS a décidé de présenter des listes communes avec le POP, au Conseil d’Etat et au Grand Conseil dans les districts de Boudry, Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Ces listes reflètent une opposition commune à la politique du PS et du Conseil d’Etat, pas seulement dans le cadre du groupe parlementaire PopVertsSol, mais aussi lors des manifestations de protestation que nous avons contribué à organiser. Tout en menant chacun notre campagne propre, nous aurons des listes communes, dénommées POP-solidaritéS. Nous voulons ainsi rendre visible – et crédible – qu’il reste dans ce canton une gauche déterminée à continuer à se battre pour une politique sociale, féministe et écologique. Notre objectif est de renforcer ce courant politique.Articles liés. Numéro 141 | Auteurs: Marianne EBEL | Rubriques: Neuchâtel | Élections






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