En prenant cette décision, les député-e-s vaudois ont «simplement» accepté le fonctionnement normal de la «démocratie directe». Ils ont accepté d’ouvrir le débat et de poser aux citoyen-ne-s la question de savoir si le droit fondamental pour tout travailleur à un salaire lui garantissant des conditions de vie décentes doit être inscrit dans leur constitution cantonale.
• Une décision contraire aurait signifié jeter à la poubelle 14 000 signatures récoltées après que les Services législatifs du gouvernement vaudois eux-mêmes aient rendu un avis considérant que cette initiative était conforme au droit supérieur fédéral.
• Une décision contraire aurait représenté un camouflet non seulement pour les signataires de l’initiative, mais pour toutes celles ceux qui pensent que l’existence des working poor, qui travaillent à plein temps et qui doivent recourir à l’assistance publique pour survivre, est une indignité inacceptable. Un camouflet aussi pour toutes celles et tous ceux pour qui la lutte contre la pauvreté et les inégalités n’est pas une rengaine «dépassée», mais bien une priorité indispensable de nos collectivités publiques.
Surtout, pour Genève et les habitant-e-s de notre canton, cette décision vaudoise démontre de manière criante le caractère antisocial - mais aussi antidémocratique! - de la majorité de droite et d’extrême droite, qui règne en maître sur les bancs du parlement genevois dont l’aile gauche a été arbitrairement amputée ! Rappelons en effet que, cet été, la droite et l’extrême droite du Grand Conseil genevois ont pris la décision inverse de celles de leurs homologues vaudois. Ils ont jeté aux orties les plus de 12 500 signatures récoltées par solidaritéS l’été dernier, en 3 mois plutôt que les 4 autorisés par la loi, à l’appui du de l’initiative populaire genevoise lancée par notre mouvement «Pour le droit à un salaire minimum».
Dans un débat honteux, on a vu syndicalistes patronaux et larbins du genre Stauffer, ni de droite... mais à l’extrême droite, répéter les platitudes ultralibérales habituelles pour dénigrer l’idée même du droit des travailleurs-euses à un salaire décent.
On les a vus aussi se cacher derrière une interprétation biaisée du droit fédéral pour refuser le droit à la parole aux citoyen-ne-s genevois - dans les urnes - sur cette question, par peur de se voir désavouer par ceux-ci.
Or :
• Le texte de notre initiative était identique à celui de l’initiative vaudoise qui vient d’être validée par le parlement de ce canton.• Le «droit supérieur» fédéral est identique qu’on soit à Lausanne ou à Genève.Alors pourquoi cette différence Vaud-Genève?• Parce que dans le Canton de Vaud, la gauche de la gauche est présente au parlement. Elle a pu s’y battre, y défendre les intérêts de la majorité de la population travailleuse. Notre camarade Jean-Michel Dolivo de solidaritéS, élu au Grand Conseil vaudois, a en particulier joué un rôle important en la matière.
• Parce qu’à Genève - au contraire - les élu-e-s de 15% des citoyen-ne-s ont été évincés du parlement en 2005 par le couperet arbitraire et anti-démocratique du quorum à 7%.
La droite et l’extrême droite ont ainsi eu le champ libre au Grand Conseil genevois pendant quatre ans. Ils y ont fait leurs preuves... Il est temps que ça change!
Pour y arriver, une seul réponse: Voter la liste commune de la gauche de gauche...