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AccueilInternationalPalestine • Mobilisons-nous contre l’État d’Israël et ses massacres coloniaux terroristes
Mobilisons-nous contre l’État d’Israël et ses massacres coloniaux terroristes PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 28 Juin 2010 10:26
manifpalestine
Le 5 juin, au moment où le Rachel Corrie se faisait arraisonner, nous étions plus de 1000 manifestant·e·s dans les rues de Genève pour exprimer notre indignation face à l’agression israélienne contre la flottille humanitaire venue au secours de la population de Gaza assiégée, pour exiger ensemble la levée de ce blocus illégal et pour demander une commission d’enquête indépendante qui fasse toute lumière sur cet acte de piraterie.

Cette manifestation à Genève, solidaritéS s’y est engagé à fond, estimant – comme le dit l’appel à celle-ci – qu’il était « indispensable de faire entendre de façon large et unitaire la voix des forces politiques, syndicales et associatives genevoises, éprises de justice et de paix, aux côtés du mouvement de solidarité internationale avec la population de Gaza et de toute la Palestine occupée…» Sur le papier de l’appel, le front large et unitaire des forces progressistes du bout du Lac étaient au rendez-vous… Dans la rue, sa présence était un peu moins visible, notre mouvement étant pratiquement la seule force de gauche s’étant mobilisée de façon significative.

On a vu bien sûr – et c’est fort bien – un groupe de conseillers nationaux PS et Vert défiler en tête de cortège, mais sans guère de soutien de la part de ces partis et avec une allocation finale du président des Verts chantant de manière incongrue les louanges du communiqué du DFAE sur cette affaire, le présentant comme étant le « plus avancé » qu’on ait jamais vu, alors que ce texte réussit le tour de force – dans la grande tradition de la tartufferie helvétique – de parler de l’évènement sans un mot de condamnation de l’action israélienne, mais en « déplorant » les morts et les blessés « y compris parmi les forces israéliennes »…

Il y a donc du pain sur la planche. Il est en effet indispensable de ne pas laisser le mouvement de solidarité avec la Palestine et avec la population de Gaza rester « entre-soi », de ne pas laisser les organisations de la communauté musulmane porter seules le fardeau d’une campagne dont l’extension la plus large est indispensable.

Dans ce sens, on peut saluer la déclaration récente du CICR publiée le 14 juin. Particulièrement sévère à l’encontre de l’Etat d’Israël, le CICR condamne le blocus de la bande Gaza comme étant cause de « souffrances aigues » de sa population, et comme constitutif d’une « punition collective » contrevenant au droit international… Il faut reconnaître cependant que les condamnations au nom du droit international, l’Etat d’Israël n’en a pas vraiment cure. Rappelons que début juillet prochain ce sera le sixième anniversaire de l’avis rendu par la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui a jugé illégal le Mur qu’Israël a construit sur le territoire palestinien occupé…

Ainsi, c’est bien l’action militante de terrain qui s’impose comme instrument privilégié pour faire chuter ce régime colonialiste et raciste. C’est dans ce sens que nous publions dans ce numéro deux pages d’un entretien avec Hazem Jamjoun, au sujet de la campagne dite BDS, soit : Boycott, désinvestissement, sanctions… qui est l’un des leviers que les artisans de la solidarité avec la Palestine s’emploient à développer aux quatre coins du monde.

A ce propos, les centaines de manifestant·e·s du port d’Oakland en Californie qui ont bloqué pacifiquement ce 21 juin un cargo israélien pendant 24 heures, avec l’aide de deux équipes successives de dockers qui ont refusé de travailler à son déchargement… ont réussi une action exemplaire et symboliquement très forte. Si les navires humanitaires ne peuvent accoster à Gaza, il n’y a en effet aucune raison pour que des navires israéliens puissent sillonner librement les mers et les ports du monde.

Ce genre d’action de masse, comme celle des militant·e·s embarqués dans les convois pour Gaza, ont de l’avenir et menacent directement le colonialisme israélien. L’Etat d’Israël l’a bien compris, c’est pourquoi ses soldats d’élite ont tué, l’autre jour en Méditerranée, des militant·e·s dont le seul crime est la solidarité humaine et l’affirmation des droits élémentaires des Palestinien·ne·s de Gaza.

Le massacre d’innocents, perpétré le mois dernier par l’Etat colonial israélien, visait à intimider et à terroriser le mouvement de solidarité. C’est toujours le dernier recours des oppresseurs… A ce sujet, nous publions aussi dans ce numéro un article de nos camarades écossais du SSP sur le récent rapport suite auquel le gouvernement de Sa majesté à dû présenter ses excuses pour le crime « injustifié et injustifiable » du massacre du Bloody Sunday, à Derry en Irlande du Nord en 1972, au cours duquel 14 civils désarmés furent abattus par les paras anglais, pour le seul crime de refuser d’être privés de leurs droits civiques, politiques, économiques et nationaux…

Pendant 38 ans, la « vérité » officielle sur cette affaire fut que les parachutistes assassins n’avaient fait « que se défendre ». Cette version a volé en éclat et le gouvernement britannique s’excuse aujourd’hui… Combien d’années faudra-t-il pour qu’Israël reconnaisse et s’excuse également pour les crimes colonialistes de son armée ?

Il n’en prend malheureusement pas le chemin en instituant sa propre commission d’enquête concernant son attaque meurtrière contre la flottille de Gaza, ceci au mépris de toute la communauté internationale, et en choisissant bien ses « juges » dont – et ce n’est pas un hasard – l’unioniste irlandais David Trimble, au lourd passé de serviteur du colonialisme britannique…

Pierre Vanek
 

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