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Silence, on extermine le peuple tamoul! PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 14 Juin 2009 20:20

 

4e Communiqué du Forum Tamoul Suisse et d’ACOR SOS Racisme
MARCHE POUR LA PAIX AU SRI LANKA, 8 juin 2009

15 ans après le Rwanda, 14 ans après Srebrenica, l’horreur se répète. Retour sur la semaine sanglante, la complicité de l’ONU, la faillite du Conseil pour les droits humains.

 

Au cours des derniers mois de cette guerre impitoyable que le régime Rajapakse a infligée au peuple tamoul, trois médecins, T. Varatharajah, T. Sathyamurthi et V. Shanmugarajah, se sont efforcés, avec des moyens dérisoires, de soigner les milliers de civils piégés dans la zone de Vanni, avec le dernier carré des combattants. Ils n’ont pas abandonné leurs patient-e-s sous les bombardements de cette zone, où John Holmes, le coordinateur humanitaire de l'ONU, annonçait un «bain de sang» le 8 avril 2009. Ils sont restés jusqu’au terme de cette «catastrophe humanitaire inimaginable» qu’a décrit Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR, le 13 mai 2009.

Quand soigner est un crime

Évoquant cet enfer, Ban Ki Moon, Secrétaire général des Nations Unies, rapportait le 23 mai 2009: «Ce que j’ai vu m’a fait honte». Mais ce qu’il a vu, il ne l’a pas dit. Selon le Times de Londres, il n’aurait pas encore authentifié les photographies prises de son hélicoptère, qui montrent un camp de civils bombardé par l’armée gouvernementale. Les trois médecins, eux, aimeraient bien dire ce qu’ils ont vu. Ils ne le peuvent pas. Ils sont détenus dans le sinistre «Criminal Investigation Department» (CID). Le ministre sri lankais des droits humains (sic!), Mahinda Samarasinghe, dit qu’ils seraient suspectés d’avoir collaboré avec le LTTE. Ils pourraient attendre un an avant d’être traduits devant un juge.

«Nous donnons des premiers soins et faisons un peu de chirurgie aussi vite que nous le pouvons. Nous sommes écrasés par la situation et n’avons plus aucun contrôle sur rien»,  témoignait le Dr V Shanmugarajah qui estimait le 10 mai dernier que 378 civils étaient morts dans son seul hôpital. Tout au long du siège sanglant de Vanni, Thurairaja Varatharajah, Thangamuttu Sathyamurthi et V. Shanmugarajah n’ont cessé de témoigner. La valeur de leurs dires était reconnue par la presse internationale. Ils révélaient les violences de l’armée sri lankaise contre les populations civiles et donc les mensonges gouvernementaux. «Ces médecins sont des agents du service de santé publique qui ont joué un rôle très important et sauvé beaucoup de vies. Le gouvernement doit les inculper ou les libérer», a déclaré Gordon Weiss, porte parole des Nations Unies à Colombo.

 

Complicité onusienne

Pourtant, le Sri Lanka criminel de Prajapakse ne vient-il pas de recevoir, le 27 mai, à Genève, un superbe certificat de moralité? Parmi les membres du jury, l’Afrique du Sud, la Bolivie et Cuba rejoignent… l’Arabie saoudite et le Pakistan. En effet, en dépit de 12 oppositions et de six abstentions, 29 membres du Conseil des droits humains ont adopté une résolution présentée par le Sri Lanka qui se félicite de son engagement continu en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits humains et approuve le communiqué conjoint publié à l'issue de la visite effectuée dans le pays par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Le 26 mai 2009, à la veille du vote de cette infamie, le Conseil des Etats apportait lui aussi sa contribution au déni de la misère et de l’horreur en rejetant une motion de la gauche qui demandait la suspension des expulsions vers le Sri Lanka!

En janvier dernier, le président Rajapakse lance son offensive finale. L'ONU, chiffre alors à 70 000 le total des morts d'un conflit déclenché en 1972, 36 ans plus tôt. Il ne fera cependant l’objet d’aucune réévaluation jusqu’à la chute de la dernière poche de résistance, après d’effroyables massacres. Le 16 avril, l'ONU recense 2800 morts depuis janvier, sans modifier son total précédent. Le 24 avril, elle parle de 6500 civils tués et de 14 000 blessés depuis janvier; Le 9 mai, de 8500 tués. Et pourtant, les médias continuent de se référer au chiffre de 70 000 morts. Des centaines de milliers de Tamoul-e-s ont appelé en vain au secours dans toutes les grandes villes occidentales.

A la veille de l'assaut final, et sans commentaire, l'ONU propose un nouveau bilan: 100 000 victimes, dont 30 000 auraient été assassinées sans qu’aucune enquête internationale ne soit nécessaire! Le 3 juin, on apprend que 13 200 jeunes gens et jeunes filles auraient disparu des camps où ils avaient été regroupés. La communauté tamoule craint que les jeunes gens ne soient assassinés et les jeunes filles violées…

La Marche pour la paix au Sri Lanka continue

Entamée le 1er juin à Genève, avec le soutien de Rémy Pagani, nouveau maire de Genève et de Nicolas Walder, président du Conseil communal de Carouge, la Marche s’est poursuivie grâce à la détermination des responsables du Forum Tamoul Suisse. À Nyon le syndic Daniel Rosselat, à Renens la syndique Marianne Huguenin, à Lausanne le président du Conseil communal Claude Bonnard, le député Jean-Michel Dolivo et le conseiller national Christian van Singer ont martelé l’importance de notre solidarité envers cette poignée de militant-e-s et du combat pour dénoncer les crimes génocidaires subis par les Tamouls du Sri Lanka.

Au cours des mois à venir, un véritable mouvement de solidarité devra être mis sur pied. Pour contribuer à sa création, trois objectifs de mobilisation immédiats s’imposent:

  • exiger la libération immédiate de Thurairaja Varatharajah, de Thangamuttu Sathyamurthi et de V. Shanmugarajah (les personnels et syndicats de la santé peuvent jouer un rôle important);
  • veiller à ce qu’aucun Tamoul-e ne soit expulsé de Suisse;
  • défendre l’accueil de réfugié-e-s en Suisse.


Forum Tamoul Suisse, Shiva Thambipillai
ACOR SOS Racisme,
Karl Grünberg

 
 
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