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AccueilInternationalMonde • Je m’appelle Murukathasan. Je suis né le 2 février 1982
Je m’appelle Murukathasan. Je suis né le 2 février 1982 PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 09 Mars 2009 22:11

Moi, Murukathasan, civil Tamoul innocent, exilé du Sri Lanka, vivant actuellement au Royaume-Uni.
J’exprime ouvertement et clairement mes dernières volontés dans cette déclaration  à la communauté internationale qui a échoué à stopper le génocide contre les Tamouls vivant dans leur patrie traditionnelle (les provinces du nord et de l’est du Sri Lanka), commis par le gouvernement nationaliste bouddhiste du Sri Lanka, pour réveiller le cœur de la communauté mondiale.

    Cette communauté mondiale qu’anime une vision toujours unilatérale déraisonnable sur les esclaves, les pauvres et les minorités opprimées qui vivent dans de nombreux pays parmi lesquels le Sri Lanka.
    Cette approche indifférente, antidémocratique et inhumaine de la communauté internationale et des organisations internationales, parmi lesquelles l’ONU, ne cesse d’aider le terrorisme d’Etat qui frappe toujours les minorités sur cette terre, parmi lesquelles les Tamouls du Sri Lanka. Pour exposer cette vérité, je ne parviens à trouver de meilleur moyen que de sacrifier ma propre vie, si précieuse, en me brûlant moi-même devant le monde entier.
    Je crois que les flammes sur mon corps, sur mon cœur, et sur mon âme, aideront la communauté mondiale à regarder de façon vraiment humaine les grandes souffrances des Tamouls du Sri Lanka.
    En ce moment encore, les actions génocides accomplies par le gouvernement sri-lankais contre les Tamouls sont acceptées en silence par la communauté internationale qui aide le terrorisme d’état cingalais en lui fournissant des armes, des munitions, de l’aide militaire et des renseignements, ouvertement et en secret, qui stimule le régime de Mahinda Rajakapakse à poursuivre sa guerre civile contre les Tamouls.
    Le gouvernement sri lankais rejette toutes les demandes de la communauté internationale et refuse clairement le droit international de la guerre et les Droits de l’homme et ordonne et poursuit son génocide brutal sous le prétexte d’activités antiterroristes. Le gouvernement sri lankais ignore complètement toutes les lois de la guerre et toutes les règles la concernant, y compris les conventions de Genève. Il trompe l’ONU. Il s’oppose constamment au CICR et à Amnesty International. Il poursuit ouvertement sa guerre génocidaire.
    C’est une grande tragédie.
    La communauté internationale peut facilement comprendre la situation à Vanni. Quelque 450 000 Tamouls de tous âges et des deux sexes, piégés sur une toute petite surface – une zone de guerre – affron­tant  toutes les difficultés.
    Pas d’abri.
    Pas de nourriture.
    Pas de médicament.
    Aucun moyen de gagner sa vie.
    Pas d’école.
    Pas d’ONG pour les aider, les orienter et les consoler.

    Sous les bombardements aériens, cibles des tirs des obus, les jeunes Tamouls et les vieux, les nourrissons et les enfants, les hommes et les femmes, les femmes enceintes, les personnes handicapées souffrent beaucoup.

Au moins 69 jeunes filles tuées et 239 blessées suite au bombardement d'une école par l'aviation sri lankaiseComment trouver les mots pour le dire ?

Je n’y parviens pas. Mais je pense que les Citoyens du Monde qui peuvent penser raisonnablement vont comprendre ce que j’essaie de dire avec mon corps et mon âme.
    Les morceaux déchiquetés des corps morts, les rues tachées de sang, les maisons incendiées, le mouvement incessant des personnes déplacées et leurs visages effrayés et désespérés. Le son des obus qui passent, des balles, le tir de mitrailleuses, les bombes. Les ressources naturelles détruites.
    Les bâtiments, les maisons, les temples et les hôpitaux, les magasins vides, les rues sales et les cours de maisons, devenues dangereuses.
    Pouvez-vous imaginer un pays qui souffre ?
    Voilà ma patrie, un portrait de la vie des Tamouls. Aucun journaliste ne peut voir ce que vivent les Tamouls de Vanni. La plupart des médias s’expriment à partir des mensonges que leur crache le gouvernement à propos de la situation à Vanni.
    Une fois encore je veux dire que cette situation est vraiment tragique, que la communauté internationale doit agir rapidement pour mettre fin au Génocide des Tamouls et sauver leurs vies.
    A votre intérêt attentif et avec ma profonde considération, je communique les informations suivantes :
    Le 26 janvier 2009, après avoir hissé leur drapeau, les fonctionnaires du Programme alimentaire mondial (ONU) ont commencé la distribution de nourriture et d’autres biens aux milliers de personnes déplacées rassemblées à la jonction de Mullaithivu – Suthanthirapuram.
    Pendant la distribution ils subissent du matin au soir les obus des forces de sécurité sri lankaises (Sri Lankan Securities Forces, SLSF). Au cours de cette attaque le bureau du CICR a été gravement endommagé. Ce jour-là 302 Tamouls innocents civils ont été tués et 1199 grièvement blessés. Ce jour beaucoup de corps non identifiés de Tamouls ont été trouvés à proximité de l’hôpital d’Udayarkaddu.
    Lorsque j’ai appris cet événement par l’appel téléphonique d’un parent, j’ai subi un grand choc.  
    Personne n’était là pour prendre soin des blessés. Personne pour s’occuper des vivants et des morts.
    Les seuls témoins de ce tragique incident étaient les fonctionnaires de l’ONU et du CICR qui se sont eux aussi réfugiés dans les petits abris inondés pour sauver leurs vies pour ensuite quitter les lieux et établir le rapport de cet incident.
    Le gouvernement sri lankais avait déclaré que cette place était une zone de sécurité. Ce point est important.
    Le gouvernement n’a pas réagi à ce rapport, il l’ignore et poursuit ses attaques de plus en plus vigoureusement.

Que pensez-vous de cela ? Comment nommez-vous cela ? Moi je le dis ouvertement, c’est du terrorisme d’Etat.

Du 2 février 2009 au 4 février 2009, c’est l’hôpital de Puthukkudiyiruppu que le gouvernement avait déclaré zone de sécurité. Cet hôpital fut violemment attaqué. Il était sous la supervision de fonctionnaires du CICR et de l’ONU dont les fonctionnaires occupaient les bâtiments de l’hôpital lorsque les Forces de sécurité sri lankaises ont tué et blessé beaucoup de patients.  
    Les fonctionnaires du CICR et de l’ONU présents peuvent en témoigner.
    Le 4 février 2009, l’hôpital de Puthukkudiyiruppu était complètement détruit par un gouvernement qui célébrait ce jour-là, d’une bien cruelle manière, la journée de l’indépendance du Sri Lanka.
    Les fonctionnaires du CICR ont confirmé que l’hôpital de Puthukkudiyiruppu comptait plus de 500 patients lorsque les forces aériennes sri lankaises (SLAF) et l’artillerie l’ont attaqué à coups de bombes à fragmentation.
    Je veux que la communauté internationale m’explique en quoi consiste une attaque comme celle-là.
    Est-ce cela une attaque contre le terrorisme ?
    Avant la destruction de Puthukkudiyiruppu, c’est l’hôpital d’Udayarkaddu qui avait été attaqué le 26 janvier 2009, et de nombreux patients y ont été tués. Au cours d’une interview à la BBC, le brigadier Udhaya Nanayakkara, porte-parole des forces de sécurités sri lankaises, s’est demandé pourquoi les patients se rendaient à l’hôpital d’Udayarkaddu plutôt qu’à celui de Puthukkudiyiruppu. Il exposait alors une absurde raison pour expliquer le brutal bombardement. Peu de jours avant cette agression, le gouvernement avait déclaré la région d’Udayarkaddu zone de sécurité et avait demandé aux gens de s’y déplacer pour sauver leurs vies. M. Nanayakkara ignorait-il cette déclaration du gouvernement ?
    Tout en cherchant des explications à ces attaques sur des hôpitaux, M. Gothabaya Rajapakse, secrétaire à la défense du Sri Lanka, frère du président, spécialement interviewé par la chaîne britannique TV Sky, affirmait qu’aucun hôpital ne devrait opérer en dehors de la zone de sécurité, que quiconque se trouve au-delà de la zone de sécurité est une cible légitime. Il donnait ainsi une réponse ridicule à la communauté mondiale.
    La communauté mondiale va-t-elle accepter la réponse de Gothabaya Rajapakse ?
    L’hôpital général de Mullaithivu, qui fonctionnait auparavant à Mulliavalai puis à Vallipunam, l’hôpital de Kilinochchi qui fonctionnait à Visuvamadu puis à Udhayarkaddu, l’hôpital de Mallavi qui fonctionnait à Moonkilaru et l’hôpital de Puthukkudiyiruppu, ont tous été attaqués et complètement détruits par la SLAF parce que le gouvernement ne voulait pas permettre que les Tamouls bénéficient de soins pour sauver leurs vies.
    La communauté internationale et les organisations de l’ONU demandent aux deux parties de respecter les lois humanitaires internationales, mais elles gardent le silence et ne prennent aucune sanction contre un gouvernement sri lankais qui ignore toutes les requêtes raisonnables que formulent cette même communauté et ces mêmes organisations.
    Voilà la raison principale de la tragique situation actuelle.
    Victimes du nationalisme du gouvernement sri lankais, les Tamouls subissent la cruelle oppression des dirigeants cingalais qui leur refusent les droits politiques et leur imposent des lois inacceptables.
    Après l’indépendance du Sri Lanka, les leaders cingalais ont graduellement et constamment planifié la construction du pays comme une nation exclusivement bouddhiste et organisé l’exclusion politique, économique, culturelle et scolaire de la minorité tamoule.
    La colonisation cingalaise de la patrie tamoule a engendré un grave problème, provoqué des émeutes puis la guerre civile.  
    Durant les périodes de pourparlers de paix en vue d’une solution politique raisonnable, les leaders cingalais recoururent à diverses tactiques pour tromper les leaders tamouls.
    Alors qu’ils parlaient de paix et de solution politique les leaders cingalais croyaient en réalité à la seule solution militaire et leur folle politique génocidaire ne peut permettre de trouver une solution politique au problème ethnique. Durant les quatre dernières décennies les leaders cingalais ont mené une guerre civile qui est devenue maintenant une guerre ouverte entre Cingalais et Tamouls.
    Sous le masque d’une lutte contre le terrorisme, les leaders nationalistes sri lankais et les moines bouddhistes mènent une guerre totale contre les Tamouls qui comporte clairement le plan de détruire la communauté tamoule du Sri Lanka.

Ce processus se poursuit

La communauté internationale regardant silencieusement tout cela a gardé les oreilles fermées aux cris des Tamouls. La voix des Tamouls pour leur droit politique à l’autodétermination est raisonnable et démocratiquement acceptable par la communauté internationale.
    Pourquoi la communauté internationale garde-t-elle le silence ?
    Je ne peux pas comprendre la politique réelle de la communauté démocratique internationale.
    Les Tamouls ont pris les armes dans le seul but de se protéger des forces armées sri lankaises.
    Chacun sait ce que l’histoire nous apprend. Les Tamouls se sont vu refuser leurs droits durant les quatre cents dernières années par les régimes coloniaux. Quand les Britanniques ont quitté notre pays ils ont remis le pouvoir entre les mains de la majorité cingalaise. Les Tamouls se sont alors battus de façon paisible et démocratique pour leurs droits politiques qui ont été violemment rejetés par les dirigeants cingalais. Cette approche inhumaine a conduit les Tamouls à prendre la même voie pour répondre aux Cingalais.
    C’est inévitable. C’est raisonnable et acceptable.
    Après que la communauté mondiale a compris qu’une solution politique devait être trouvée pour mettre fin à ce problème communautaire, la Norvège a entamé il y a cinq ans un processus avec l’aide de co-présidents.
    Ce processus montre que ce problème politique doit trouver une solution politique raisonnable et durable.
    Mais le gouvernement sri lankais a poursuivi sa voie pour imposer  une solution guerrière.
    Le silence de la communauté mondiale me conduit à me demander si elle aussi prend une position anti-tamoule.
    Cette question m’a conduit à la décision de sacrifier ma vie et de me brûler devant la communauté mondiale pour porter mon message en faveur d’une décision raisonnable et sauver la vie des Tamouls au Sri Lanka.
    La déclaration émise par les co-présidents le 3 février 2009 a gravement préoccupé les Tamouls qui leur faisaient profondément confiance. Cette déclaration était déraisonnable car elle favorisait le gouvernement sri lankais et faisait perdre leur dernier espoir aux Tamouls
    Les pays co-présidents veulent-ils aider les nationalistes sri lankais dans leurs activités génocides contre les Tamouls ?
    Je sais que les pays des co-présidents ont pris une position pro-sri lankaise durant les pourparlers de paix de Norvège qui a aidé le gouvernement sri lankais à développer leurs forces armées et à mentir aux Tamouls.
    Je ne sais pas si les co-présidents connaissent la situation dans les régions du nord et de l’est du Sri Lanka. La vie que mènent les Tamouls dans cette région est invivable. Les kidnappings, les meurtres, les viols et autres violations des droits humains continuent dans cette région.
    Les gens vivent comme les prisonniers d’une prison ouverte. Les médias sont menacés. Les organisations des droits de l’homme ne peuvent que rarement exposer leurs informations.
    Mais la communauté mondiale, les co-présidents, gardent leurs lèvres fermées et demandent à notre peuple de se rendre dans les régions contrôlées par les militaires. Les co-présidents peuvent-ils prendre la responsabilité de la sécurité des gens vivant dans des régions contrôlées par l’Etat ?
    Ils ne le pourront jamais.
    Nous, Tamouls, nous croyons que la communauté internationale, y compris les co-présidents, qui parlent beaucoup de la souveraineté des pays, aident le terrorisme d’Etat lorsqu’ils ignorent la souveraineté des minorités qui, comme les Tamouls, combattent pour leurs droits politiques raisonnables et qualifient leur combat pour la libération de terrorisme.

Je suis préoccupé et j’ai honte de cela.

    Nous les Tamouls déplacés et notre diaspora dans le monde entier, nous avons fermement exposé notre problème et nous avons, dans votre langue, demandé de l’aide à la communauté internationale dans votre langue durant trois décennies. Rien ne s’est passé.
    Comment, face à une telle situation, exprimer mes sentiments ?  Je n’ai pas de mots pour éveiller la communauté internationale, lui demander de porter un regard humain sur notre problème, d’agir pour sauver nos vies.
    J’ai donc décidé de me brûler devant la Communauté internationale et le quartier général de l’ONU.
    Cet éclatant message atteindra vos cœurs et vos esprits et réveillera votre âme.
    Je crois fermement que la fin de ma vie peut conduire la communauté internationale à ouvrir son cœur et commencer une ère nouvelle qui aidera à libérer les Tamouls du Sri Lanka.
    Je veux dire une chose à la communauté tamoule.
    S’il vous plaît, joignez vos mains, élevez la voix tous ensemble pour gagner les droits de notre peuple, et gagner les cœurs et les esprits de toutes les nationalités du monde.
    C’est une grande dernière chance.
    Les flammes sur mon corps seront une torche pour vous guider sur le chemin de la libération.
    Je suis trop loin de vous par le corps, mais je suis très près de vous par le cœur.
    Ne croyez jamais les leaders nationalistes cingalais, qui ne tourneront jamais leurs cœurs et leurs esprits vers la justice et la paix.
Nous avons toujours demandé et combattu pour nos droits raisonnables devant la communauté mondiale.
    La Bible dit : « Demandez et il vous sera donné, frappez et la porte sera ouverte. » Et un jour le cœur du monde, l’esprit et l’âme seront éveillés.
    Ce jour-là, nous nous libérerons nous-même, notre patrie, et entrerons dans une nouvelle ère.
    Avec espoir et confiance…

Votre  Murukathasan


 
 
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