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 La Conférence de Genève contre le racisme est un succès comme l’a reconnu Micheline Calmy Rey, la première à saluer l’adoption d’une déclaration finale qui présente pour le monde entier une base solide à l’action antiraciste. Cette base répond aux vœux du Forum de la société civile réuni à Genève du 17 au 19 avril et à ceux des manifestants qui ont répondu le 18 avril à l’appel de quelque soixante associations à « être solidaires contre le racisme en Suisse et dans le monde ». Fallait-il se saisir du discours d’Ahmanidejad et joindre la cacophonie d’enjeux électoraux à un débat dramatique et complexe ? La défense d’Israël, le terrorisme islamiste, l’infiltration musulmane : les sirènes des partis démocrate-chrétien, libéral, radical et démocratique du centre et de la fédération des communautés israélites de Suisse déclinent cette gamme de slogans. Les sirènes, nous apprend le poète, dévorent ceux qui les écoutent. Disons plus prosaïquement qu’elles nous squattent le cerveau. A Durban, en 2001, d’une façon parfois antisémite que nous condamnons avec intransigeance, s’était manifestée l’indignation contre la brutale répression israélienne du soulèvement palestinien qu’avait motivé la trahison des promesses d’Oslo. A 3 mois du massacre du ghetto de Gaza, Israël a mis le paquet : empêcher sa mise en question, quitte à saboter la conférence. Sa mobilisation, sa com’ inondent les rues, les médias et les discours, mais la conférence est une réussite. Non, il n’y a pas 2 poids 2 mesures. Prétendre lutter contre l’antisémitisme pour cacher des décennies de crimes contre les Palestiniens, c’est préconiser la concurrence des victimes, cela ne marche plus. Si la position israélienne est aussi celle de gouvernements européens et américains c’est que tous font croire que lutter contre le racisme demande prioritairement de combattre l’antisémitisme au moment où ils mènent des guerres coloniales ou impérialistes à des peuples majoritairement musulmans en Afghanistan, en Irak et en Palestine. La colonisation du 19e siècle évoquait le fardeau de l’homme blanc, la civilisation et les puissances coloniales pillaient l’Afrique et l’Asie. Laïcité et droits des femmes sont aujourd’hui pareillement manipulés dans un semblable dessein. La France fêtait le 8 mai 1945 le retour de la démocratie et assumait le même jour les quelque 30000 morts des massacres coloniaux de Guelma et de Sétif. La lutte contre le racisme, sauf à être une honteuse manipulation, suppose le refus intransigeant de toutes les formes du racisme et d’atteinte aux droits humains infligées à des femmes ou à des hommes où que ce soit dans le monde. Karl Grünberg ACOR SOS Racisme |