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Carte de visite du groupe écosocialiste de solidaritéSNous vivons la conjonction d'une grave crise économique qui a de multiples dimensions comme la crise alimentaire, celle des matières premières et une crise écologique majeure dont le réchauffement climatique est une des manifestations les plus graves. L'ampleur de la crise écologique provoquée par le productivisme capitaliste, conjuguée aujourd'hui à la crise économique, met désormais en danger des millions de vies humaines, et en premier lieu celles des populations les plus pauvres.
En effet, la conjonction de ces 2 crises n'est pas fortuite. Essentiellement, leurs racines sont les mêmes, à savoir la nature du capital et de la production capitaliste. Pour croître, le capital doit produire et s'approprier sans fin de la valeur et de la plus value. Ce qui signifie aussi qu'il doit puiser sans limites dans les ressources du sol et du sous-sol, ce qu'il fait depuis qu'il s'est constitué en mode de production recouvrant tous les secteurs de l'économie comme les biens communs fondamentaux (eau, vivant, cycle du carbone...), le monde rural, les pays du Sud et du fait du capitalisme actuel dans l'ex-URSS et son glacis, en Chine et en Indochine.
Il n'y a pas de mouvement « sans limites » du capital sans la production également illimitée de marchandises.
La crise actuelle de suraccumulation de moyens de production et de surproduction de marchandises en partie socialement inutiles et pour ce qui est de leur production matérielle, dévoreuses de ressources non ou difficilement renouvelables et émettrices de gaz à effet de serre marque l'échec du système capitaliste. C'est une crise systémique généralisée et qui va durer.
Parallèlement à la surproduction, le besoin de valorisation sans fin et sans limites du capital amène au gaspillage continu et immense des ressources non renouvelables de la planète et à leur épuisement.
Les deux crises vont mutuellement s'aggraver et toucher plus particulièrement les plus pauvres que ce soit au Nord ou au Sud. Les inégalités écologiques et sociales se conjuguent de façon accrue.
Par exemple, de nombreux pays du Sud ont été récemment enflammé par des émeutes de la faim. Déjà, les populations sont en train de payer très chèrement la crise financière et économique : les gouvernements ont décidé d'injecter des centaines de milliards de dollars pour renflouer les banques sans demander l'avis de la population et à leurs frais et ce sont des millions d'emplois qui sont supprimés.
De plus, la réponse du système capitaliste à la crise écologique génère de nouvelles conséquences anti-écologiques et anti-sociales. L'exemple des agrocarburants est frappant : tentative de répondre à la crise climatique dans le cadre du système, le développement des agrocarburants a pour effet de dégrader la situation de nombreux petits paysans, de contribuer à l'apparition d'une crise alimentaire, de réduire considérablement la biodiversité et ceci sans véritable gain du point de vue de l'émission des gaz à effet de serre. De même, face à la crise énergétique, une des réponses a été celle de la guerre : Georgie, Irak, Nigeria pour le contrôle ou l'appropriation de ressources en hydrocarbures. L'approfondissement de la crise écologique contribue puissamment à la multiplication des conflits armés. Il faut relever aussi le fiasco tout à fait emblématique du marché européen des droits à polluer mis en place dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique : il a généré de coquets profits pour les grands pollueurs sans permettre d'avancée notable dans la réduction des émissions.
En tout état de cause, la continuation du soit-disant « progrès » capitaliste et l’expansion de la civilisation fondée sur l’économie de marché - même sous cette forme brutalement inégalitaire - menace directement, à moyen terme ( toute prévision serait hasardeuse), la survivance même de l’espèce humaine. La sauvegarde de l’environnement naturel est donc un impératif humaniste.
Une autre civilisation est urgente et possible Il faut débarrasser la société de la marchandisation pour créer une société respectueuse des équilibres naturels car la nature n'est pas un corps extérieur au fonctionnement de la société. La protection de la nature contre la marchandisation capitaliste est inséparable de la protection de la nature dans l'homme ou de l'homme en tant que partie de la nature.
L’heure n’est plus à faire de l’écologie un supplément d’âme, une revendication parmi d’autres, mais bien d’en reconnaitre la transversalité. En effet, nulle question sociale ne peut être appréhendée sans en saisir la dimension écologique, qu’il s’agisse d’emplois, de choix industriels ou de services publics. La préoccupation écologique doit être déterminante dans notre projet émancipateur.
Ce projet de société nécessite des bouleversements radicaux du sytème de production, de distribution, de transports mais aussi d'autres modes de consommation et de comportement. Nous pensons qu'il n'y aura pas de sortie du productivisme, pas de fin au monde enchanté et aliénant de la consommation sans contrôle de la production. Cela implique notamment une transformation profonde, et démocratiquement élaborée, de l'appareil productif et énergétique.
Remettre en cause le mode de production et de consommation capitaliste, suppose d'assurer le primat du politique sur l'économique, afin de se donner les moyens d'opérer les choix économiques de façon à satisfaire les besoins sociaux dans le respect des contraintes écologiques.
Cette décision collective suppose une authentique démocratie où tous les grands choix de société résultent de la délibération de l'ensemble de la population.
Il faut mettre fin à la dilapidation des ressources épuisables, au gaspillage, développer les ressources renouvelables, changer le mode de production énergétique lié au capitalisme ( énergies fossile, nucléaire ), produire des biens durables et réparables.
Cependant, comme l'écosocialisme est une modification du rapport entre l'humanité et la biosphère, il implique nécessairement une évolution profonde des mentalités, un changement des valeurs et des comportements individuels et sociaux. C'est une nécessité immédiate et incontournable. Le projet écosocialiste ne signifie pas seulement un changement des rapports économiques et une révolution politique, il postule aussi une révolution sur le plan culturel.
L'écosocialisme implique aussi un changement radical dans les rapports de genre, la conscience pour y mettre un terme de l'exploitation et de l'oppression des femmes.
Il faut partir des nombreuses luttes qui se mènent aujourd'hui sur des terrains aussi variés que le nucléaire, les OGM, la défense du transport ferré, le maintien d'une agriculture paysanne, le droit à la santé en particulier pour les salariés des industries polluantes, la défense du climat, la préservation de la biodiversité ...
Il s'agit aujourd'hui de les développer, de travailler à leur convergence et de construire ensemble le bien commun.
Si vous vous sentez solidaire de notre combat pour une écologie anticapitaliste , nous vous invitons à nous rejoindre pour discuter et voir ensemble les actions à mener pour lutter pour un autre monde.
Nous sommes un groupe du mouvement solidaritéS formé de militant(e)s et de sympathisant(e)s. Vous pouvez nous contacter par e-mail
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